
Bonjour à tous,
Au départ je souhaitais appeler cet article 20 secondes de courage. Bon d’accord, ceux d’entre vous qui ont vu « Nouveau départ » auront compris en lisant cela que je l’ai vu aussi. J’ai bien aimé d’ailleurs. Arrêtez de rire, je sais bien que c’est encore un de ces films bourrés de bon sentiment mais je vais vous confier une chose, en ce moment je n’aime que ça. Je me surprends à n’avoir envie de voir que des bluettes sentimentales ou ce genre de films ou le gentil et courageux héros est récompensé à la fin.
On m’avait pourtant proposé « La cabane en bois » aussi, j’ai refusé direct. De toutes manières je ne parviens plus à regarder de films d’horreur. Toute cette violence gratuite me heurte. Je n’ai pas toujours été aussi prude toutefois, au point qu’encore aujourd’hui je vois tout de suite quand un mauvais scénariste s’est contenté de répertorier toutes les ficelles du genre et de les mettre bout à bout. Je déteste quand on voit chaque climax arriver à des kilomètres.
« Cite-moi un film d’horreur que tu avais aimé ma belle petite Sylvie. », me demande Astaroth.
Détour mortel par exemple, ou Scream premier du nom. Dans Détour mortel j’ai adoré l’intro. Une femme et son compagnon font de l’escalade semble-t’il quand soudain il arrive un truc au gars. La femme accrochée à son fil, perchée au milieu de sa montée, panique. Il crie, plus rien et puis soudain quelqu’un le fracasse contre le sol violemment. Elle se détache et tente de courir jusqu’à la voiture mais alors qu’elle pensait y arriver elle tombe dans un piège. Choquée et blessée elle lève la tête en pleurant et regarde la voiture pourtant assez proche, mais elle n’aura jamais l’occasion de l’atteindre.
Scream, j’étais adolescente quand je l’ai vu au cinéma. Ce film me mettait mal à l’aise, comme tous les films d’horreur en fait, mais quelque chose était plus fort que ce malaise.
Aujourd’hui quand je regarde un film d’horreur j’ai du mal à supporter la complaisance que l’on éprouve vis-à-vis du tueur. On se demande qui va mourir, comment et quand ça arrive on est là à regarder quelqu’un souffrir atrocement car c’est quand même le but. Si tous les personnages mourraient d’une balle dans la tête, il n’y aurait pas le même enjeu. Là, on voit les gens souffrir et on souffre avec eux mais on sent aussi le plaisir sadique du tueur car il occupe tout l’espace en vérité. Ce qui compte dans ces films c’est l’esprit du ou des meurtriers pour lesquels on éprouve souvent un mélange d’attirance et de répulsion (bien légitime non ?). Du moins les bons films nous font ressentir tout ça. Je ne parle donc pas de navets sans scénario (tel l’affligeant Projet Blair witch, l’un d’entre vous a-t-il eu peur d’ailleurs ?) ou de slashers tournés à la hâte.
L’ennui c’est que ces bon films justement, ne me correspondent tout simplement plus, je ressens plus de répulsion que d’attirance à présent. Ce qui n’était pas le cas devant « The Target » l’autre jour…
J’ai beaucoup ri devant cet improbable triangle amoureux sous fond de bataille rangée entre deux amis.
« Pourquoi était-ce improbable alors princesse ? »
Ils étaient de la CIA et n’hésitaient pas à détourner les moyens mis à leur disposition sur le plan professionnel pour se faire coup bas sur coup bas. C’était une vraie comédie, qui s’assumait, c’est le moins qu’on puisse dire. Et puis la morale est sauve…
« Elle l’est souvent dans les comédies qui te plaisent, tu aimes rarement les histoires qui heurtent ta sensibilité même au nom de l’humour. »
Tu trouves ? Pourtant, je ne suis pas si à cheval dessus…
« Tu aurais réagi exactement comme l’héroïne, tu n’aurais pas été plus loin. En fait souvent tu aimes ce qui te ressemble. Il y a deux cas de figure cela dit, ou vous ne jurez que par ce qui est le plus loin possible de vous, ou vous aimez ce qui vous ressemble. Toi, tu aimes plutôt ce qui te ressemble. Tu as envie de voir des films qui confortent ta sensibilité en ce moment. Parce que tu es heurtée à ce niveau au travail et dans ta vie personnelle.
C’est comme cette jeune femme qui tient le genre de blog que tu n’aurais jamais songé à créer. Tu la suis, passant régulièrement sur son joli blog. Il y a d’autres blogs de mode, tu le sais. Mais c’est sa personnalité que tu aimes parce qu’elle te ressemble, elle a un coeur qui ressemble au tien. Elle ne vit pas comme toi pourtant, elle a une religion dont tu ne voudrais surtout pas, dans sa communauté les jeunes gens se marient très tôt, elle adore la mode et tu trouves comme beaucoup d’autres qu’elle ne manque pas de goût. Toutefois tu ne suivrais jamais des préceptes aussi stricts qu’elle. Tu ne t’habille d’ailleurs pas comme elle, elle ne porterait jamais la robe que tu avais aujourd’hui. »
Elle ne peut pas, elle est mormone et pratiquante. Elle tient un blog de mode dite pudique (modest fashion blog). J’aime ses billets, j’aime sa bonne humeur et c’est vrai que je ne m’habillerais pas exactement comme elle tous les jours. Mais j’aime sa façon d’écrire, j’aime bien ce qu’elle dégage sur ses photos, j’ai regardé d’autres blogs du même type et je n’ai pas accroché, je n’aime qu’elle dans le genre. Parce que je l’aime bien, elle. Et j’aime aussi certaines de ses chaussures, magnifiques.
« Par contre tu détestes les maillots de bain qu’elle porte mais avec lesquels elle ne pose surtout pas. »
D’après ce que j’ai compris de cette mode pudique, il ne faut pas montrer ses épaules alors en maillot de bain (une pièce, beurk) sur un blog, inimaginable lol.
Mais note Astaroth qu’elle n’a pas hésité à mettre des photos d’elle pour son article sur l’acné des adultes. Ah la pauvre, je la crois sans mal quand elle dit que toutes ses prières au moment de sa poussée se résumaient à « Seigneur fais disparaître ça, fais disparaître ça, fais disparaître ça ! ». Ses photos m’ont fait éprouver de la peine pour elle, elle est tellement jolie, la voir avec tous ces énormes boutons rouges…
Moi qui me sens mal dès qu’un seul bouton ose apparaître. Mais bon, apparemment cet article a permis à beaucoup de ses lectrices de se sentir moins seule et désemparée face à ce phénomène.
« C’était à la fois généreux et courageux de sa part, comme de créer ce blog pour toutes les femmes qui comme elle aime la mode mais tiennent à respecter leurs convictions religieuses. Car elle est très ouverte, elle invite beaucoup d’autres bloggueuses à poster sur son propre blog. Elle sait apprécier les idées des autres.
En outre elle a gardé une âme d’enfant, d’où ce ton dans ses articles. Elle te ressemble, malgré des différences culurelles évidentes, elle te ressemble beaucoup. »
Sans doute… Je la rejoins tout de même sur un point, je pense que c’est une bonne idée de tenter de focaliser l’attention sur son visage plutôt que sur ses seins ou ses fesses. Moi j’aime bien avoir les épaules découvertes et j’apprécie les décolletés, cepandant les miens ne sont pas si plongeants qu’ils ne laissent finalement plus rien deviner. D’ailleurs je n’aime pas qu’on regarde davantage mes seins que mon visage.
« Tu aimes les longues robes blanches vaporeuses qui soulignent la poitrine sans la dévoiler. »
Lol, j’aime beaucoup cette robe je la trouve belle.
« Et tu aimes qu’elle te rende belle. Tout le monde te regarde quand tu la portes. Les gens te regardent souvent quand tu portes du bleu ou du blanc. »
C’est vrai oui c’est drôle. Peut-être qu’il y a des couleurs qui nous vont mieux que d’autres.
« Peut-être mais là même les femmes te regardent, ou des personnes qui n’éprouvent pas forcément une attirance sexuelle. »
Oui je vois ce que tu veux dire. C’est que ces tenues me vont bien. Non ?
« Dans la mode pudique on ne cherche jamais à souligner la poitrine. »
J’ai cru comprendre oui.
« Tu ne choisis pas souvent tes robes en fonction de l’effet que tu désires produire, d’ailleurs, sais-tu quel effet tu désires produire sur les gens ? »
Non, ce n’est pas ce que je considère, je cherche à me plaire d’abord. Mais tu sais le plus important c’est de se sentir bien dans ce qu’on porte.
En fait tu ne te soucies pas de savoir à qui tu plais ou non, tu ne remarques pas les gens qui te regardent à moins qu’ils se fassent remarquer, tu passes et puis c’est tout. Tu t’habilles comme tu as envie de t’habiller, pour toi. Sachant quand même ce qui te va le mieux dans telle ou telle circonstance.
Mais tu te moques de savoir ce que vont penser les gens en te voyant. »
Pourquoi, c’est important ? A moins que je ne désire plaire à une personne précise, pourquoi veux-tu que je me soucie de l’effet que je vais produire ? Je m’en moque effectivement.
De toutes façons il y aura toujours des personnes qui aimeront ma tenue et d’autres qui aimeront moins. Il y aura toujours des personnes qui aimeront ce que je dégage et d’autres qui aimeront moins. Je préfère me dire que l’essentiel est ailleurs lol.
« Tu es trop coquette pour choisir tes tenues au hasard. Mais dis-moi plutôt, où est donc cet essentiel dont tu parles ? »
En vérité je m’interroge rarement sur le sujet.
« Pas de dérobade. »
Je veux me faire plaisir quand je m’habille, quand j’achète des vêtements. Moi aussi j’aime la mode. J’aime surveiller les nouvelles tendances même si je ne les suis pas forcément toutes (le pyjama de jour, au secours !) et puis surtout, j’aime me sentir belle et voir que je ne suis pas la seule à le penser. Ah ben voilà, c’est cet effet là que j’aime produire !
« Non, ce n’est pas un effet, vous trouvez les gens beaux ou non dans ce qu’ils portent. On peut te trouver jolie à regarder toute en te trouvant froide ou chaleureuse, c’est de cela dont je te parle. »
Bon et bien, je ne me pose pas tant de questions.
« Pourquoi selon toi ? Ca ne t’interesse pas ? Tu ne voudrais pas avoir toujours l’air à ton avantage ? »
Non, enfin si, c’est mieux que d’avoir l’air moche ou ridicule. Néanmoins ce qui m’intéresse c’est de me ressembler.
« Comme dans tout ce que tu fais tu veux te ressembler. »
C’est ça.
« Tu n’as pas besoin de reprendre des études. »
J’avais bien compris que tu me travaillais au corps lol…
« De la même manière que tu apprécies actuellement les films légers mais sentimentaux parce qu’ils confortent ta sensibilité, de la même manière que tu suis le blog de cette jeune femme parce qu’elle te touche, de la même manière que tu t’habilles uniquement en fonction de ton humeur du jour, tu as les moyens de comprendre ce qui t’intéresse vraiment et de sortir de cette crise que tu traverses actuellement, ce que nous pourrions appeler le désert de la Volonté.
Comprends, tout ce dont tu as besoin se trouve là, à ta disposition. Apprends à discerner, tu auras tout ce que tu veux. »
Merci Astaroth.
Bonne journée à tous