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La rivière de bois

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La rivière de bois dans Petites histoires 100308122944803575586212 

 

 » Bonjour Sylvie,

Je vais te raconter une petite histoire, me dit Lauviah.

Il était un pays sombre, triste et dépourvu de joie, dans lequel régnait l’anarchie la plus totale. Pourtant, les habitants de ce pays particulièrement sombre et désorganisé, avaient l’air heureux.

Quels inconscients pensaient les habitants du beau pays civilisé d’à côté. Ceux-là étaient vernis, ils vivaient sous le plus magnifique des cieux, semblaient bénis des dieux tant les légumes, les fruits poussaient vite et bien, les animaux, bétail et gibier dont ils se nourrissaient étaient présents partout et dans ce pays enchanteur, nul ne connaissait la faim, ni la soif.

L’eau qui s’écoulait en de splendides et vigoureuses rivères jamais sèches, étaient la meilleure qui soit. Ah vraiment quelle chance ils avaient, pas comme leurs misérables voisins. Ceux qui vivaient dans ce pays sale, sombre et désorganisé.

Dans le beau pays baigné de lumière et de joie, les habitants avaient la chance de pouvoir vivre en paix. Il y avait des lois simples et claires que tous s’ingéniaient à respecter. Rien à voir avec les malheureux qui vivaient à côté. En fait, il avaient même pitié de ceux d’à côté. Les pauvres, ils devaient être tellement malheureux là où rien ne pousse et où la loi semble un concept bien abstrait.

 D’ailleurs, n’étaient-ils pas toujours en train de faire la guerre, de se battre ? Avaient-ils jamais su ce qu’était la paix ? Enfin, c’était leur souci, eux, étaient tellement heureux.

Ils avaient tout, besoin de rien. Nul espoir ne restait vain dans ce pays baigné de joie et de Lumière. Ainsi, les fêtes succédaient aux fêtes, les jours d’abondance venaient toujours récompenser des efforts méritants. Ah oui, la vie était belle dans ce pays baigné de joie et de Lumière.Pas comme à côté, là où la crasse jonchait le sol et où l’eau la plus noire semblait être seule potable.

Les habitants du pays baigné de joie et de lumière ne se lassaient pas de se le répéter, ils avaient de la chance. D’ailleurs, quand à l’occasion, l’un des crasseux d’à côté venait les visiter, ils le regardaient dégoûtés en se disant qu’ils étaient vraiment les plus heureux de la Terre. Enfin, ceux qui venaient voir à quoi pouvait ressembler une terre abondante et civilisée ne restait jamais bien longtemps, ils finissaient tous par repartir après quelques jours. Non pas qu’on les eût chassés. Simplement, ils n’en revenaient pas de voir à quel point eux-mêmes avaient de la chance de vivre dans un pays aussi fantastique que le leur, là où règnaient la joie, la bonté, la démocratie.

Car pour les habitants du pays d’à côté, le territoire sombre et sale, ce n’était pas le leur.

Depuis le pays d’à côté, les malheureux, ce n’était pas eux. Depuis le pays d’à côté, le bonheur se trouvait chez eux.

La frontière des deux pays était délimitée par une rivière, une belle rivière de bois clair, comme une planche mouvante s’étendant à l’infinie. Nul ne savait où se trouvait son lit, nul ne savait où elle débouchait. Certains avaient bien tenté de la remonter ou de la descendre, mais personne n’avait réussi car tous s’étaient noyés. Pourquoi ? Cela constituait un mystère.

 Autant il s’était avéré possible à de rares personnes de pêcher dans cette rivière les plus délicieux mais aussi les plus étranges poissons qui soient, autant nul pouvait y nager ou y faire naviguer un bateau. Par contre, ce que tous ignoraient c’est que c’était cette même rivière qui les maintenait dans l’illusion qu’ils étaient bien heureux chacun dans leur propre pays.

Seulement, elle était devenue si redoutée de part et d’autre que c’était tout juste si on avait construit des ponts pour la traverser à l’occasion.

Et puis un jour, une personne, plus curieuse que les autres, eut envie de marcher sur l’eau. Alors, elle posa un pied sur la planche de bois mouvante et à cet instant, elle vit la Terre, le Ciel et prit conscience de chacune des âmes qui l’entouraient dans cette unicité immense.

Cette personne vit chacune des étoiles du Ciel et put les nommer une par une. Elle sentit son coeur s’ouvrir en une superbe rose et des larmes de compassion coulèrent le long de ses joues.

Cette personne vit l’Amour nu et tomba à genou, cette personne vit la Source et connut instantanément tous les secrets de l’univers. Son coeur cessa de battre et cette personne mourut, elle se noya.

Sa famille en fut très attristée. Cette personne et ce qu’elle représentait pour ses proches, était très appréciée. Mais une fois, une seule fois, elle fut aimée. Cela ne dura qu’une seconde à l’échelle humaine. Cela dure encore pourtant.

De toutes les personnes qui s’étaient noyés, elle faisait partie des plus heureuses. Elle faisait partie des rares qui avaient osé tenter non pas de franchir la rivière en bateau ou à la nage, mais simplement de poser le pied dessus, pour voir. Elle faisait partie des rares, à avoir su voir que là où tous voyaient des eaux en permanence démontées, il y avait une solide planche de bois. »

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14 Commentaires

  1. crystallia

    17 mars, 2010 à 0:48

    Bise ;)

  2. jasmintea

    16 mars, 2010 à 12:32

    Merci bel(le) Ange ;-)

    biz

  3. crystallia

    16 mars, 2010 à 11:46

    Tu es un bel Etre Jasmintea.

    Bise ;)

  4. jasmintea

    16 mars, 2010 à 10:24

    moi aussi je vous aime quand même, et même avec vos défauts :-) (en même temps tout le monde ne peut pas être aussi parfaite que moi….je plaisante hein!)….c’est marrant le quand même: je reprochais souvent à ma mère lorsque j’étais plus jeune qu’elle me dise je t’aime quand même. je lui demandais pourquoi le « quand même »? j’ai fait un truc qui fallait pas? lol et puis j’ai remarqué par la suite que c’était par pudeur et puis son éducation aussi….et aujourd’hui elle arrive à me coincer lol parce qu’elle me dit qu’au lieu de me dire « je t’aime » tout le temps, elle me le prouve souvent même si elle est parfois maladroite et c’est surtout ça qui compte, qu’elle me le prouve. Car après tout, « je t’aime » c’est facile à dire mais le montrer au quotidien…
    Je sais que Lauviah ne me tient pas rigueur de tout ça, il se moque gentiment de moi et puis faut pas se prendre au sérieux non plus hein! et puis le sexe d’une personne n’est pas si important . il nous définit simplement en tant que « mâle » ou « femelle », mais notre être est bien plus complexe que ça, plus complexe qu’une simple distinction.

    biz

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