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Un sombre prophète

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Un sombre prophète dans Petites histoires 100622071119803576277595 

Dans une province reculée, on vit un jour arriver un homme seul, portant une longue barbe et des vêtements sales car couverts de poussière.

Les habitants du charmant village qui se dressait en cet endroit étaient de braves gens, qui avaient l’habitude des voyageurs et qui avaient depuis longtemps cessé de juger une personne à sa seule apparence.

Pourtant, avant même que cet inconnu n’ait atteint le village, une majorité d’entre eux furent pris d’un étrange pressentiment. Pas réellement négatif, mais pas rassurant non plus. Ils se méfièrent donc de celui qui entra dans la village, suivis par de gros nuages sombres.

L’homme ne s’aperçut de rien cela dit. Il croisa quelques jeunes garçons qui jouaient à la balle sur la place. Il leur demanda de lui indiquer un endroit où il pourrait manger et se reposer.

Le plus jeune des enfants l’escorta juqu’à la seule auberge du coin, où l’attendaient tous les habitués qui souhaitaient voir se dissiper leur pressentiment. Hélas, non seulement celui-ci se renforça mais en outre, il devint franchement négatif à l’instant même où l’homme et l’enfant passèrent le seuil.

Il se mit à pleuvoir peu après, une fois que l’inconnu se fut installé à l’unique table libre qui restait, au centre de l’auberge.

L’ambiance devint vite lourde une fois l’enfant ressorti. On pouvait l’entendre crier tandis qu’il s’amusait dehors avec les autres. On entendait aussi que plusieurs fillettes venaient de se joindre aux garçons.

Les enfants ne semblaient pas ennuyés par la pluie. Mais que pouvaient faire leurs grands-parents ?

Personne ne laissait jamais les plus jeunes jouer sans surveillance, encore moins sous la pluie et c’était souvent leurs grands-parents qui les gardaient. De toutes façons, leurs parents se trouvaient tous à l’auberge.

Alors que certains se faisaient ce type de réflexions et que d’autres se disaient que cet inconnu ferait bien de ne pas s’éterniser trop longtemps parmi eux, la foudre s’abattit sur la place du village. On entendit des cris, les enfants parurent affolés.

Plusieurs parents se levèrent et courrurent à la porte, ils voulaient savoir ce qui se passait à l’extérieur. Il pleuvait si fort, il était inutile de regarder par la fenêtre.

Toutefois, ils s’aperçurent vite que la porte était coincée. Impossible de l’ouvrir. Les adultes s’affolèrent à leur tour, tous sauf le nouvel arrivant.

Il se contenta de hêler l’aubergiste et de demander qu’on lui apporte une boisson fraîche.

Tous les regards convergèrent vers lui. Comment cet homme pouvait-il commander à boire dans un moment pareil ? C’est alors que la foudre s’abattit une deuxième fois, puis une troisième, une quatrième sous les cris de terreur des enfants. Les adultes crurent devenir fous à l’intérieur de l’auberge, fous de douleur et d’inquiétude devant leur impuissance.

Soudain, ils n’entendirent plus le moindre bruit. Les enfants s’étaient tous tus, du moins…

Une mère hurla avant de tomber à terre, la panique reprit de plus belle. Seul l’inconnu restait de marbre, mais les autres ne le voyaient plus.

Il se leva, alla à la fenêtre puis se tourna vers tous ces adultes totalement désorientés et leur dit, calmement mais de manière à être entendu, qu’il savait ce qui était arrivé aux enfants.

Avant que quiconque ait pu l’accuser, ce qui serait arrivé vu les regards de haine que certains lui lançaient déjà, il déclara qu’il n’était pour rien dans cet orage surprenant.

Il expliqua qu’il n’était qu’un voyageur, qui connaissait certaines choses, savaient intuitivement où allaient se dérouler des drames, des tragédies.

Il expliqua que ces pas ne le menaient que sur une route marquée de peurs, de souffrances et de douleurs terribles. Tel était son fardeau.

Tandis qu’il parlait, tous pouvaient voir ses yeux, son regard à la fois profond, calme et las. Tous devinaient qu’il ne mentait pas et tous bientôt se calmèrent.

Que venait-il de se produire ? Qu’était-il arrivé aux enfants ? Où étaient leurs grands-parents ?

Autant de questions qu’un des parents, plus hardis que les autres, osa bientôt poser.

L’inconnu esquissa un léger sourire et dans ses yeux tous purent lire de la compassion tandis qu’il disait que les plus jeunes et les plus vieux, venaient d’être rappelés à Dieu.

Il expliqua que parfois, la colère divine s’abbattait sur ceux qui avaient trop pêcher. Il expliqua dans la foulée que parfois aussi, la miséricorde divine était accordée à ceux qui avaient le coeur pur et sans tâche.

Commprenne qui pourra, dit-il en guise de conclusion.

Que faut-il comprendre, se demandèrent les parents désespérés. Le Ciel leur avait-il repris leurs enfants, leurs propres parents ?

En admettant, laquelle des deux raisons invoquées étaient la bonne ?

Mais tous ne se posaient pas ces questions, certains refusaient de croire qu’une telle chose ait pu se produire. Certains refusèrent d’admettre que ceux qu’ils aimaient le plus au monde aient pu disparaître comme ça, arbitrairement.

Ceux-là dire qu’ils voulaient voir leurs parents et leurs enfants.

A ceux-là, l’inconnu demanda qui ils préfèreraient revoir s’ils devaient faire un choix. Ils le traitèrent de tous les noms.

L’homme insista. Et une femme eut le courage de dire qu’elle adorait sa mère et son père mais qu’elle donnerait sa propre vie en échange de celles de ses enfants.

A cette dame, l’inconnu sourit et répondit, c’est le choix que j’ai fait moi aussi et me voici devant vous, devant toi.

Je pensais qu’il faudrait ça, qu’on ne pouvait pas tout avoir. Je vivais là-bas, avec ma femme et mes deux enfants. Mon père était décédé et ma mère vivait non loin.

Une nuit, ils sont arrivés, ont saccagé ma maison et m’ont demandé de choisir en riant. A ce jour, je pleure encore ma mère et je n’ose rentrer chez moi.

Depuis lors, je sens le lieu des drames et je les précède, je ne sais pourquoi. Par culpabilité, entendit-on alors.

Qui avait lancé ces mots, nul ne savait. Il n’en demeure pas moins que juste ensuite, la porte s’ouvrit d’elle-même et les cris joyeux des enfants s’amusant retentirent à nouveau.

L’inconnu disparut peu après, sans que personne ne s’en rende compte.

Voici la drôle d’histoire qui m’est venue ce soir…

 » Qu’est-ce qui te gêne ma belle enfant ? », me demande Lauviah.

Ben, cette histoire, elle est un peu bizarre.

 » Tu crois ? Souviens-toi toujours d’une chose, parfois les clefs vous sont offertes sur un plateau, mais vous les refusez sciemment.

C’est la morale de cette histoire.

Souviens-toi de cette colère que tu ressentais il y a quatre ans. Tu as demandé comment la dépasser et un mot t’est venu en tête. Ce qui t’a permis de dissiper cette profonde colère.

Cette histoire est très belle Sylvie. La culpabilité est comme la colère, une chaîne qui entrave. »

Je pense que j’ai compris. Merci Lauviah.

Bonne journée à tous Clin doeil 

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3 Commentaires

  1. catrene

    23 septembre, 2011 à 19:03

    Encore une histoire qui va me faire cogiter !

    Lumineuses pensées (enfin, aussi lumineuses que possible d’où je suis)

  2. crystallia

    30 juin, 2010 à 18:12

    Mdr, l’essentiel encore une fois est qu’elle t’ait touchée.

    Bise ;)

  3. rémy

    30 juin, 2010 à 13:31

    Une bien belle histoire où je sentais dès le début que je comprendrais pas tout de suite une fois à la fin.
    Merci :)

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