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Fichu deuil stupide

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Bonjour à tous,

Mon frère s’en va demain, il va à l’enterrement de Ladislas. Il faut qu’il y aille. Sa mère ne peut pas concevoir qu’il ne vienne pas. Il faut que l’un de nous vienne. Je suis contente que ce ne soit pas moi. Je déteste les enterrements. Et je n’étais pas prête à voir Ladislas mourir. Avec le recul, je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’est qu’un crétin, un imbécile et un égoïste. D’ailleurs à certains moments je le déteste. Lui et sa stupide sœur qui n’arrête pas de poster des photos sur facebook. Bien sûr je suis obligée de les regarder. Et d’en enregistrer certaines sur mon propre ordinateur.

Ladislas j’ai un nouveau message pour toi, tu es un crétin. Voilà. Ta mère se rend à la morgue tous les jours pour te voir. TOUS LES JOURS.

Elle a pris cette décision idiote de t’enterrer le jour de ton anniversaire, tu ne pouvais pas mourir après ? J’aimerais que tu puisses aller lui dire ce qu’elle a besoin de savoir, d’entendre…

Elle se demande TOUS LES JOURS ce qu’elle a pu mal faire. Pourquoi n’as-tu pas fait part de ta détresse à quelqu’un ? Je t’en veux, finalement oui je t’en veux. En plus mes guides ont dit que je devais te laisser reprendre ta route normale. Donc je ne te sentirais plus près de moi comme ces derniers temps. Donc tu ne seras plus là. Donc je vais me rendre compte de ton absence. Donc tu feras juste partie de mon paysage, mon lointain paysage. Tu ne pourras plus venir me sourire comme ces derniers jours.

Donc je dois te dire vraiment au revoir. Donc tu es un crétin, je te déteste et je te souhaite d’aller griller au plus profond des enfers !

Mais en vrai, dans le calme, quelle tristesse de devoir te dire au revoir si vite. Je ne m’y attendais tellement pas. On se dit que ceux qu’on a connu seront toujours là, qu’on pourra toujours se voir, plus tard…

Tu m’as rappelé que la vie c’est le présent, bien durement. Au revoir Ladislas. Ce n’est pas de gaîté de cœur, je serais venue à ton enterrement si je l’avais pu, pour pleurer comme une madeleine, peut-être vaut-il mieux que je sois loin. Tant que toi tu restes près de ceux que tu as aimé, à ta manière.

Je me souviens de tellement de choses, l’autre jour, j’ai eu ton visage d’enfant souriant devant mes yeux pendant un long moment, je te revoyais jouer…

Je t’ai vu grandir et vice versa. On m’aurait annoncé la mort de ta mère j’aurais eu un choc, un vrai choc. Mais franchement, je ne voyais pas la tienne. Tu étais le petit frère, un petit frère ça ne meurt pas tu vois. Enfin. Je me rends compte que j’ai un vrai deuil à faire et je n’en ai pas envie.

C’est nul le deuil, je ne comprends pas qu’il faille que notre cœur saigne quand quelqu’un meurt.  Je ne comprends même pas qu’il faille que les gens meurent. Qu’est-ce qu’on est censé faire de la peine après ?

Comment va-t-on pouvoir aider ta mère ? Et ton père ? Je sais qu’il a brillé par son incompétence et qu’il vaudrait mieux qu’il s’abstienne de se montrer à tes funérailles ou ton frère lui fera sa fête, mais lui aussi a été choqué par ton décès.

J’adore la photo où ton frère et toi encadrez votre mère et j’adore son sourire dessus. Vous êtes devenus deux beaux jeunes hommes tous les deux. Elle était fière de vous deux, tu le savais ?

Certes elle a toujours été dure et un peu spéciale. Elle et ses fichus principes…

Mais elle t’adorait. Bref, si tu es parti c’est que c’était bien l’heure. Une part de moi, la plus rationnelle je pense, est capable de le comprendre. L’autre en revanche voudrait pouvoir t’offrir les mêmes moules douteuses que celles que j’ai mangé il y a quelques temps, pour que tu souffres aussi. Ce n’est pas sympa je sais. En vérité je préfèrerais qu’on rigole tranquillement autour d’une table. Ton frère, tes sœurs et toi auriez toujours été les bienvenus chez ma mère.  Eux resteront les bienvenus.

Maman a acheté des fleurs pour toi. Mais j’ai une bonne nouvelle aussi, mon ami. Ton fils, ta sœur dit qu’il va bien, même très bien. Souhaitons que cela dur.

Au revoir Ladislas. Tu vas nous manquer à tous. Et pourtant…

Tu es un beau crétin.

Bonne journée à tous ;)

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6 Commentaires

  1. crystallia

    1 août, 2013 à 1:21

    Bonjour,

    Merci à vous tous pour vos mots et votre compassion.

    Bise ;)

  2. Isabelle

    30 juillet, 2013 à 22:30

    Chère sylvie
    La vie est plus dure pour ceux qui restent, c’est une réalité . Courage à toi. N’oublie pas que l’amour enrichit toujours et que donc ton amour pour Ladislas t’a enrichi. Même s’il n’est plus la en chair et en os. Il reste dans ton cœur la flamme de l’amour, éternelle.
    Je t’embrasse

  3. Nicolas

    30 juillet, 2013 à 18:41

    salut sylvie

    C’est ainsi qu’est la vie, mes sinceres condoléances. Je comprend ta douleur.

    Courage, faut vivre et apprendre de ces moments là. La « mort physique » nous rapelle que la vie terrestre ce n’est pas qu’un travail, ce n’est pas qu’une dispute ou des reproches et j’en passe. La vie c’est autre chose.
    La vie c’est beaucoup d’apprentissages et de rappels pour nous meme.

    La tete dans le ciel mais les pieds sur terre.

    Bises et que Dieu, la source de tout ce qui est guide cette personne dans l’autre vie.

  4. Anduril

    30 juillet, 2013 à 14:18

    « Je suis en Toi et tout autour de Toi, pas dans les palais de bois et de pierre. Fends le morceau de bois, je serais là, soulève la pierre et tu me trouveras. »

    <3 <3 <3

  5. clo

    30 juillet, 2013 à 13:49

    Coucou Anduril ,

    C’est un peu « dingue » de se retrouver sur ce blog mais bon….comme quoi nos chemins se croisent car nous parcourons les mêmes sentiers ;

    bises à toi et à ta jolie famille

    Clo

  6. Anduril

    30 juillet, 2013 à 13:33

    Bonjour Sylvie. Cela faisait longtemps que je n’étais plus repassé par ici. Hier, cela fera 6 ans que ma petite soeur est passée de l’autre côté. Ce fut la plus terrible et la plus belle chose qui me soit arrivé. On a parfois besoin d’une étincelle pour raviver la flamme au fond de notre coeur et se retrouver soi-même.

    Voici la lettre qu’elle m’a inspirée et que j’ai lue à l’enterrement :

    Dimanche devait être un jour de fête. On allait baptiser Alexia. Ce matin-là le monde s’est écroulé. Une souffrance indicible a pris possession de mon être. La vie n’avait plus de sens.

    Le lendemain j’ai senti une petite flamme fragile naître au fond de mon cœur sombre. Une présence timide irradiait doucement au milieu des ténèbres. Elle rayonne de plus en plus chaque jour. Elle me murmure des paroles d’amour et de réconfort ; « Sèche tes larmes petit frère. C’est moi, Pitchounette. Tu n’es plus seul. Puise en moi la force et le courage de réconforter Papounet, Moumoune, Princesse et tous mes amis. Je suis déjà bien ancrée dans leur cœur mais ils n’arrivent pas encore à m’entendre. Dis-leur que j’ai vécu pleinement ma vie à fond et que je ne regrette rien. Dis-leur que ma soif et ma joie de vivre étaient contagieuses et que je les ai tous contaminés. Je suis lovée dans vos cœurs. Ecoutez-le et vous aussi vous pourrez m’entendre. Je vis à travers toi petit frère et à travers tous ceux et celles que j’ai aimés. Qu’ils sentent mon amour grandissant chaque jour dans leur cœur.

    Regarde dehors, le soleil brille. Je suis là, parmi vous, en vous, un amour sans limite.

    Et n’oublie jamais petit frère, positive attitude! »

    Prends soin de toi et de tes proches!

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