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Me relever de mes chutes

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Me relever de mes chutes 1312311009478035711860871

Bonjour à tous,

Il y a deux jours de cela, je dansais sur une scène à l’occasion d’un spectacle pour enfants quand j’ai fait une superbe chute. Je portais un costume au travers lequel je ne voyais pas à un mètre devant moi, si bien que je n’ai pas vu que je m’approchais trop du bord.

Je me souviens du moment, court, où je me suis retrouvée dans le vide, cherchant vainement un appui quelque part. J’ai vite compris ce qui se passait mais je n’ai rien pu empêcher. J’ai atterri sur le dos. Heureusement qu’il y avait le costume et qu’il était bien rembourré. J’ai pu me relever, « on » m’y a aidé. Des enfants, m’a-t-on expliqué par la suite. Je ne saurais vous dire, je ne les ai pas vus. Certains m’ont pris dans leurs bras ensuite, d’autres voulaient me tenir la main ou poser avec moi (à cause du costume), j’ai fait fi de mon mal de tête et j’ai continué.

En rentrant j’avais nettement moins mal au crâne et je me disais que j’avais eu de la chance. J’étais juste fatiguée et un peu sonnée. Le lendemain en revanche, je me suis réveillée le corps tout endolori. J’avais plein de courbatures. Ca ne m’a pas empêchée de rire de cette mésaventure, ce que j’avais eu l’occasion de faire le soir même par ailleurs. Avec d’autres. J’étais surprise par contre, surprise que tant de douleurs se réveillent si tard. Pourquoi sur le moment n’avais-je pas eu mal ?

Aujourd’hui j’ai encore pas mal de courbatures notamment dans le dos, mais les douleurs tendent à s’estomper. Je ne vois donc rien qui puisse m’empêcher de passer un excellent réveillon. Ce que j’ai bien l’intention de faire. 

On peut faire beaucoup de choses malgré la douleur, je m’en suis rendue compte et pas juste à l’occasion de cet épisode. Je me remettrai de cette chute, même mon ego s’en remettra (la salle était évidemment bondée). Je me suis déjà remise d’un tas d’autres choses, plus ou moins vite. Mais il y a également des choses dont je peine à me remettre et j’ai réalisé juste hier que c’est parce qu’au fond de moi, je restais persuadée que l’enfer, c’était les autres.

En fait c’est soi-même, l’enfer c’est soi-même. Le ressentir vraiment m’a permis de me détacher de certaines douleurs, pour les voir enfin cicatriser ? Je le souhaite. Hier la directrice est revenue de congés, avec cet air affligé qu’elle a depuis quelques temps. Elle m’a demandé comment j’allais, comment  les choses s’étaient déroulées en son absence. J’ai répondu que tout allait bien. Elle m’a alors confié que nous étions proches de l’objectif du mois. J’ai pensé chouette, justement, j’avais fait mon chiffre. Elle m’a dit, on aura la prime toi et moi.

Dans le même temps, la jeune intérimaire est arrivée avec un pull et le nez qui coule. Une heure plus tard elle a dû rentre chez elle. Peu après son départ, la comptable est venue se plaindre à la gérante de ce manque de motivation, partir comme ça alors qu’on est déjà en sous-effectif….

Et la gérante de répondre qu’elle ne sait plus où trouver des personnes motivées…

La pauvre intérimaire, elle n’a pas plus de grippe que je n’avais de laryngite je pense.

Ce matin la directrice est venue me dire un peu ce qu’elle avait sur le cœur, elle ne cache plus son amertume derrière de faux sourires, elle m’a dit franchement qu’elle était découragée et qu’elle refuse de se battre contre sa propre fille. Je vois combien elle souffre, je lui ai demandé si elle ne pouvait pas lui parler en privé, elle m’a répondu avoir déjà essayé, en vain.

Dans la matinée, elle est venue me dire qu’il manquait 1700€ pour atteindre l’objectif. Elle me demande de me battre pour trouver cet argent. Nous attendions une grosse rentrée qui finalement arrivera début janvier.

Je me suis dit, ça va être coton…

C’est alors que 1000€ me sont littéralement tombés dans les mains. Et 800€ ensuite. Je le lui ai dit, elle était contente. J’ai pris le temps de regarder autour de moi, la directrice passait plein d’appels personnels, la gérante et la comptable discutaient tranquillement. Je savais que la gérante ne souhaitait pas que j’aie la prime ce mois-ci. Je sais pourquoi je vous dis cela. Mais pour une fois ce n’est pas grave.

Même si on n’avait pas fait le chiffre ce n’aurait pas été grave. Non pas que je sois si riche que je n’en aurais eu nul besoin. Je sais que, d’une manière ou d’une autre, je m’en serais sortie sans.

Je n’ai même pas de bleu sur le corps suite à ma chute et pourtant, c’était impressionnant de me retrouver dans le vide cherchant un appui désespérément.

L’impact a été dur parce que je me suis fait bien mal à la tête, pourtant je me suis relevée. Comme je me suis toujours relevée, de toutes mes chutes. Certes, pas toujours en 5 secondes. Tout dépend de la chute, plus on tombe de haut, plus on met de temps à se relever.

J’ai toujours su que si partais en fuyant mes problèmes au boulot, je les retrouverais ailleurs. J’ai toujours eu cette conscience-là. Or, je me sentais coincée avec ça, je ne voyais pas d’issue là-dedans. Si je ne pouvais pas partir alors que faire ? Je sentais que je ne pouvais pas rester non plus.  

La jeune intérimaire en est à sa seconde grippe en deux semaines. Moi-même, j’ai été malade quelques fois ces derniers mois. Je me suis demandée, pourquoi, je me retrouvais coincée là ? C’est en me posant cette question que j’ai réalisé que l’enfer c’est soi-même et surtout, en quoi j’entretenais le mien.

Je me sentais impuissante en fait et je ne le supportais pas. J’avais besoin de sentir que même dans cette situation je ne le suis pas.

Quand je suis tombée dimanche, ce sont des enfants qui m’ont aidée à me relever, de jeunes enfants. Aujourd’hui, les 1700€ nécessaires me sont tombés dans les mains. Mais même sans, je sais, avec conviction, que tout aurait bien été.

Pour avoir cette conviction j’ai eu besoin de me relever, de me rappeler que je ne suis pas impuissante. Je vois même un nouveau chemin, je vais voir où il me mène.

Bonne année à tous.

Bise ;)

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5 Commentaires

  1. Benoît

    8 janvier, 2014 à 0:46

    Bonjour a tous,
    Je viens de vivre le grand amour, l’incompréhension, l’abandon, puis la rupture en moins d’un mois.
    N’est-ce pas merveilleux ?
    Je remercie tout le monde ici et ailleurs pour ce que cela m’a apporté.
    Je suis heureux de devenir plus résilient a chaque épreuve car je les accepte de mieux en mieux.
    Je vous souhaite a tous une merveilleuse année.

  2. Blue

    2 janvier, 2014 à 22:55

    Bonjour Sylvie

    je suis vraiment désolée pour ta chute mais j’admire ton raisonnement derrière. Prends bien soin et du courage

  3. crystallia

    2 janvier, 2014 à 1:33

    Bonjour,

    Merci à vous deux et surtout merci pour ce poème.

    Bise ;)

  4. bluebird

    1 janvier, 2014 à 18:58

    Coucou Sylvie…

    En gros, tu as trouvé une jolie « chute » pour clôturer l’année 2013 ? :)

    Je suis ( comme d’habitude) super touchée par ce que tu écris. J’y trouve encore des résonances. Cette fois, c’est autour de l’expérience de l’impuissance, et cette idée que l’ »enfer, c’est nous » et non pas les autres.

    Cela me donne envie de partager un poème qui m’a bien aidée.
    Moi aussi je me sens enfermée dans un ressenti d’impuissance, je me sens victime d’une situation injuste…alors que la sortie du labyrinthe est en moi-même, dans l’expérience de ma « puissance de choix », quoi qu’il arrive.

    Oui, on a toujours le choix de « partir ». Et ça aide à se rappeler que « rester » peut aussi devenir un choix, parce qu’on est libre de partir. Quand on a senti ça, pleinement, on peut « rester » en conscience, en posant un acte d’amour et de volonté qui a du sens.
    …Bon,ce soir je te dis ça avec grande conviction…mais il y a des jours où c’est encore douloureux :(

    Bises
    Bluebird

    ———-
    On a toujours le choix

    On a toujours le choix,
    c’est une évidence.
    On n’a pas tous les choix
    mais on a toujours le choix.
    Devant toute épreuve, on a l’option d’en mourir
    ou d’y survivre et devant l’échec,
    le choix de s’aimer ou de se détruire.
    Devant les imprévus, on possède la liberté
    de rire ou de pleurer et dans l’adversité,
    le choix de pardonner ou de culpabiliser.
    Au milieu de la confusion, on a toujours
    la faculté de voir et de croire,
    l’alternative de se fermer et d’oublier.
    Au coeur de la détresse,
    on détient un éventail de paroles et de silences,
    le loisir de parler ou de se taire.
    Devant une décision,
    on a le pouvoir d’agir ou de rester immobile,
    et par dessus tout,
    le choix de rester ou de partir.

    - Stéphanie Houle -

  5. Evelyne

    1 janvier, 2014 à 10:04

    Une belle année à toi et à tous.

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