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Prendre de la distance

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Prendre de la distance 14022412070817181812010341

Bonjour à tous,

Aujourd’hui a été une superbe journée. Les langoustes étaient un délice et tout le monde a passé un bon moment. Nous étions juste en famille pourtant, mais c’était vraiment sympa.

Le seul bémol est que nous n’avions prévu que trois kilos de crustacés…

Souvent le dimanche soir, je commence à ressentir cette angoisse dont j’avais déjà parlé, l’angoisse du dimanche soir. Pas ce soir. Au contraire j’ai hâte d’être à demain et d’aller récupérer mes papiers.

En discutant un peu avec mes proches, en m’ouvrant sur ce que j’avais vécu et le fait que je suis heureuse de changer de travail, j’ai découvert que chacun avait ses petites ou grosses frustrations.

J’ai vu à l’attitude de certains que ces mêmes frustrations avaient causé quelques blessures également. On a tellement l’habitude d’encaisser finalement, c’est maintenant que je m’en rends pleinement compte. Moi par exemple je m’étais faite à l’idée que personne ne cherchait à me connaître, à discuter avec moi. J’ai passé presque trois ans à côté de quelqu’un qui ne m’a jamais demandé comment j’allais. Il ne m’adressait la parole que lorsqu’il y était obligé et rarement avec amabilité.

Les agents l’appellent le glaçon, Mr Freeze, le trouvent hautain. Je ne l’aime pas non plus je dois dire. La directrice le déteste désormais vu qu’alors qu’elle l’a formé, amené à son poste actuel, permis de devenir associé, il lui a fait comprendre qu’elle n’est plus intéressante depuis qu’il n’a plus besoin d’elle. Il lui a dit franchement, j’ai une carrière à assurer alors je choisis ta fille.

J’ai longtemps eu du mal à avouer à mes parents que personne ne me parlait. Quand la directrice était sympa avec moi, sa fille lui tombait dessus. Et elle rêvait que sa fille lui revienne, rappelons-le.

Elle se cachait pour me parler. Elle attendait toujours qu’il n’y ait personne. Ou juste les intérimaires. J’ai presque toujours mangé seule aussi. Alors que les associés se réunissaient et commandaient des pizzas, des plats préparés ou allaient au snack du coin puis revenaient avec des paquets pour manger tous ensemble.

Parfois quand j’entendais les agents se plaindre de l’ambiance, de la façon dont on les traitait, je me disais, au moins ils ont de la chance ils sont plus souvent à l’extérieur qu’au bureau. Moi j’étais là.

« Tu es plus calme qu’hier soir. », me dit Sammael.

Oui.

« Pourtant tu as longtemps eu honte aussi du fait d’être mise à l’écart. »

Oui.

« Et aujourd’hui ? »

J’apprends à prendre de la distance. Étonnamment c’est dans cette ambiance que j’ai pris conscience de ma propre valeur. Et puis heureusement aussi, il n’y a pas eu que le bureau ces trois dernières années, cela m’est revenu également.

« C’est ce travail que tu fais maintenant qui va t’aider à préparer le changement que tu t’apprêtes à vivre. Ton intégration dans une nouvelle entreprise. Pour que les choses se passent bien, il est essentiel que tu n’arrives pas avec un passif émotionnel trop lourd. Tu le comprends ? »

Tout à fait.

« Il arrive que vous ne fassiez pas ce travail de mise à plat immédiatement après une lourde épreuve. Il arrive que le contexte disparaisse mais que la blessure reste. Pour répondre à ton amie Clo, il convient d’identifier le type de blessure pour pouvoir l’isoler. Pour ce faire, il suffit d’observer dans quelle circonstance vous avez le sentiment de ne pas être assez performant. Il s’agit toujours d’un leurre. Qui se manifeste par le besoin de faire quelque chose, d’être dans l’action. Concrètement il ne s’agit pas de rechercher le contexte mais plutôt les conséquences de la blessure dans votre vie.

Il y a une question simple à se poser pour éviter de tourner en rond, qu’ai-je encore à accomplir ? Il est rare que lorsque vous vous posiez la question avec sincérité vous osiez répondre, rien. Le leurre se trouve dans la réponse, le type de blessure ressort dès que vous parvenez à voir ce leurre. Une fois que vous savez de quel type de blessure il est question, vous pouvez commencer le travail de mise à plat, en partant de ce que vous vivez concrètement. Le soin et l’apaisement devraient vous être donner, sans effort particulier, dès lors que vous vous impliquez dans la mise à plat. C’est pour cela que tu es beaucoup plus calme aujourd’hui.

Lorsque vous demandez de l’aide, en commençant un travail sur vous-mêmes, elle vous est toujours accordée, d’une façon ou d’une autre. Même si vous vous en rendez souvent compte après coup.

Alors, pourquoi n’osais-tu pas évoquer le fait que personne ne souhaitait sympathiser avec toi ? »

Parce que cela me renvoyait une vilaine image de moi. J’étais le vilain petit canard. Comme s’il y avait trop de tares chez moi. Comme si je n’étais pas intéressante surtout. Ce ne fait pas plaisir de ne pas être intéressante. Comme si je n’avais pas de valeur.

Heureusement, j’ai eu tôt fait de me rendre compte que tout le monde ne pensait pas cela de moi. Et moi non plus d’ailleurs.

La directrice a dit à l’un des agents qu’elle saluait ma force de caractère pour être parvenue à travailler dans une telle ambiance. Lui-même m’a souvent dit qu’il n’aurait jamais pu travailler à côté du glaçon.

Moi je pense que tout le monde fait face dans la difficulté. Si on ne fait pas face on s’écroule. J’ai failli m’écrouler plus d’une fois. C’est la Foi qui m’a sauvée, ça fait cliché, mais c’est bien ce qui s’est passé.

« Alors tu n’es pas un vilain canard ? »

Je suis un magnifique cygne.

« Reste un magnifique cygne. »

Merci Sammael.

Bonne journée à tous ;)

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3 Commentaires

  1. Bluebird

    24 février, 2014 à 16:22

    Pffffiou…

    Je n’avais jamais vu ça comme ça:
    « Le leurre de ce qu’on croit encore avoir à accomplir, à se prouver. »
    Et « oser demander de l’aide »…pour ce travail intérieur aussi.

    Sylvie, merci de ces cadeaux que tu nous fais.
    Merci à toi, merveilleux cygne :)
    Merci d’avoir le courage d’écrire ces posts, de partager tes difficultés et ton chemin de guérison.

    Sourire*** entre les larmes d’émotion, plein de joie, et de gratitude.

  2. clo

    24 février, 2014 à 11:40

    Bonjour Sylvie,

    J’ai pu trouver « un fil » et dérouler ma pelote ….c’est très vrai que lorqu’on demande de l’aide, sincèrement ,pour avancer, elle nous est accordée : je me sens « allégée » ….

    Bises et bonne journée à toi,

    Clo

    • crystallia

      25 février, 2014 à 19:58

      Salut,

      Merci à vous.

      Bise ;)

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