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La détresse des autres

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La détresse des autres  14050602090217181812209936

Bonjour à tous,

Mon nouveau chocolat préféré est le chocolat noir aux amandes, raisins et noisettes. Ce midi quand je suis rentrée j’en avais une folle envie. Seulement il n’y en avait pas, il ne restait que celui aux noisettes que j’ai acheté pour faire des cookies. Je l’ai mangé quand même mais ce n’était pas pareil, je préfère l’autre. Le mien.

Ce matin j’ai reçu une cliente pour la première fois à la banque. J’ai peu de contacts avec les clients en réalité, ce sont les avocats et les huissiers qui sont mes correspondants. Mais cette dame a tenu a passé.

Et la première chose qu’elle a faite une fois installée dans le bureau, c’est se mettre à pleurer. Comme ça, d’entrée. Je n’aime pas quand les gens pleurent. Je n’aime pas ça du tout.

Elle est dans le fameux cas de figure auquel personne ne souhaite jamais songer. Fonctionnaire, sans enfant à charge, gagne correctement sa vie. Puis un jour de l’année dernière son fils, adulte et vivant sa vie de son côté, est piqué par un moustique et attrape la dengue hémorragique. Il en est ressorti handicapé et incapable de continuer à travailler. Sa femme l’a quitté peu après, c’est sa mère et donc ma cliente qui lui est venu en aide.

Mais voilà, elle ne s’appelle pas Crésus. Sa propre maison n’était pas adapté au handicap de son fils. Qui lui-même a un enfant. Il a loué un appartement, F3 pour pouvoir accueillir l’enfant et c’est sa mère qui l’a aidé à le meubler, qui l’aide quand l’AAH (allocation adulte handicapé) ne suffit pas.

Quand les problèmes d’argent sont apparus, elle a fait une dépression. Elle ne travaille plus et est tombée à demi-traitement.

J’ai beau être hypersensible, j’ai appris à écouter les gens. J’ai appris à faire la différence entre les faits et les tentatives d’apitoiement. Quand les gens ont des problèmes, même bien réels, ils essayent toujours de se faire plaindre.

J’ai écouté cette femme, ses larmes n’étaient pas factices. Elle a honte de sa situation et de voir qu’à son âge et alors qu’elle travaille, elle en est réduite à déposer un dossier de surendettement.

Elle est dans le fameux cas « qui peut arriver », ce qu’on appelle l’accident de la vie. Ma propre mère aussi aurait préféré s’endetter plutôt que de nous laisser à la rue.

Mais parce que je l’ai écouté et que je suis une professionnelle, j’ai aussi entendu les erreurs qu’elle a commise. Qu’est-ce que son fils fait dans un F3 qu’il n’a pas les moyens de payer ? Elle m’a dit avoir pris la peine de contracter un crédit pour rendre sa propre maison accessible et alors qu’elle n’a pas d’argent elle continue d’aider son fils à payer un loyer ?

Au risque de passer pour la fille sans cœur,  il devrait rendre son logement et retourner chez sa mère le temps de trouver un moyen de gagner à nouveau sa vie. Elle dit qu’il commence à se remettre de sa maladie. En outre c’est seulement maintenant qu’elle commence à se renseigner sur les aides auxquelles ils ont droit…

Il y a trop de personnes qui ont des scrupules à écrire aux municipalités quand elles ont des soucis d’argent. C’est sûr, c’est plus glorieux et gratifiant de se débrouiller seul. Mais cette femme pleurait parce qu’elle se sentait humiliée devant moi ce matin. Alors qu’est-ce qui est mieux ? Autant envoyer un petit courrier, vous obtiendrez peut-être une aide. 

Elle m’a dit qu’elle voulait à présent que son compte reste au vert. Ne plus toucher son découvert. Soit. Mais on est le 5 du mois et elle avait 119€ sur son compte ce matin. Non elle n’est pas payée vers le 10.

119€ pour un mois, le temps va lui paraître long.  Je pense que le découvert va lui être utile.

Enfin, j’espère qu’elle va vite nous rapporter les documents pour l’assurance de sorte que le remboursement de son prêt puisse être pris en charge, tout le monde y trouvera son compte.

Vous savez, j’ai vu d’autres cas de figure. Des personnes qui possèdent plusieurs immeubles, avec des appartements mis en location, d’autres qui gagnent plus de cinq mille euros par mois, fauchées ! 

L’une des premières choses que l’on apprend dans ce métier c’est que tout le monde peut avoir des difficultés un jour. Pour toutes sortes de raison.

Cet après-midi une directrice d’agence qui n’avait pas envie de se casser la tête m’a demandé de gérer un dossier pour elle. Quelqu’un qui gagne 1,9k€ mais qui a trouvé le moyen d’accumuler plus de 90k€ de dettes. Une majorité auprès d’organismes financiers, elle a souscrit plein de crédits à la consommation. Vraiment plein. Elle a une dette de loyer comme j’en vois rarement. Je n’ai pas compris quand j’ai vu le dossier.

On voit toutes sortes de cas. Et en même temps, chacun doit pousser son propre chariot. Je l’ai bien compris aussi. Quand les gens nous appellent ou viennent nous voir, nous leur disons franchement ce qu’ils peuvent faire ou même quand il vaut mieux pour eux qu’ils contactent un avocat. On ne peut rien faire de plus.

Quand les gens pleurent je me souviens soudain de la détresse que certaines personnes ressentent, celle à laquelle j’évite généralement de penser. Mais je reste concentrée, je propose un verre d’eau et je continue. Il y a toujours un moment où l’on peut rappeler que cela n’a rien d’infamant d’avoir des problèmes d’argent et qu’il faut toujours regarder devant. Chercher la solution.

Cette cliente a bien fait de saisir la Banque de France. Elle doit se pardonner maintenant et accepter de n’avoir pu faire face. Et continuer d’avancer. 

Mes guides me disaient, si tu es dans la détresse, lamente-toi cinq minutes, mais juste cinq minutes. Ensuite il faut aller. Et laisser aller.

J’ai fini de me lamenter. Merci de m’avoir lue.

Bonne journée à tous ;)

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7 Commentaires

  1. Bluebird

    8 mai, 2014 à 9:29

    :)

    J’ai du mal aussi à rentrer dans les 5min de quota !
    Ou alors, plusieurs fois 5min par jour ?

    Mais c’est bon aussi de sentir , après quelques minutes, qu’il y a une part de soi qui est là en soutien, bienveillante, calme , aimante…même si une autre part a toujours envie de pleurer ou de se lamenter, ce n’est plus pareil.

    Bises
    Lara

  2. lapriereducompositeur

    8 mai, 2014 à 6:44

    Ouais… 5 minutes…
    Bah remarque je crois que c’est le temps que durent mes crises de larmes ces derniers mois.
    Mais ça fait beaucoup de 5 minutes, et beaucoup d’idées noires qui suivent…. Ceci dit « idées noires » n’égalent pas « lamentations ». Donc ça va non?

    Et puis ce sont des états solitaires… Je me lamente plus en public, c’est humiliant.

    Les 5 minutes ça vaut aussi quand on parle à ses guides? (Ou aux murs, selon comme on voit les choses… Ou selon comme on ne les entend pas.)

  3. crystallia

    7 mai, 2014 à 18:53

    Salut,

    Nan mais Camille, c’est cinq minutes à chaque fois.

    Il faut rester dans son cadre oui, mais sans se montrer cassant, ce n’est pas utile.

    Au final cette dame a dit que l’entretien s’était mieux déroulé que ce qu’elle aurait cru car elle redoutait en fait de venir.

    Bise ;)

  4. Emilie

    6 mai, 2014 à 19:14

    Bonjour,

    Qu’est-ce qui est le plus difficile : pouvoir pleurer devant un inconnu ou regarder pleurer quelqu’un sans pouvoir rien faire d’autre que d’offrir un verre d’eau ou tendre une boite de kleenex ?Je crois que lorsque l’on parvient à pleurer, c’est que l’on sent que la personne en face peut comprendre la détresse. Je me souviens de du bureau de ce directeur où j’ai craqué en refusant la modification de mon contrat pour pouvoir être licencier et quitter son entreprise. Il était gentil et insistait pour que je puisse accepter de rester. Il a sorti une grosse boite de kleenex et j’ai compris que je n’étais pas la première qui s’écroulait en larmes devant son bureau. Cela m’avait fait du bien et c’est pratique les boites de kleenex quand on a pas prévu de pleurer en tombant sur quelqu’un qui va vous entendre.

  5. AliaCristal

    6 mai, 2014 à 16:45

    Clémence ! :)

  6. camille

    6 mai, 2014 à 11:59

    coucou,

    Nan mais franchement, qui arrive a se lamenter que 5 minutes ????
    C est pas realiste !!
    bouhhh !!!

    Je plains mes guides…. la vache… je ne rentre jamais dans ce quota.

    Encore ce weekend, jai fait du boudin deux jours a broyer du noir sur un sujet….

    rahlala….

    bises !

  7. fairyangel

    6 mai, 2014 à 10:04

    tu es tres professionnels, as tu quand meme eprouver un peu d’ampatie envers cet personne? Defois il ne sufit que : oui je vous comprend pour que la personne se sente mieu. Il ne faut surtout pas meller emploie et loisir. famille et clients.

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