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Cas de conscience

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Cas de conscience 14062107231817181812334635

Bonjour à tous,

J’ai un souci avec un client…

« Quel souci ? », me demande Roéchel.

Eh bien voilà, il travaille, sa femme aussi. Ils étaient propriétaires d’un terrain. Sa femme et lui ont eu l’idée de construire dessus plusieurs bungalows qu’ils envisageaient de louer meublés.

Pour concrétiser ils ont dû souscrire un prêt à la banque. Et vu qu’il s’agissait d’un prêt immobilier, nous avons demandé une garantie, à savoir le terrain et les immeubles à bâtir.

C’est l’usage. Seulement le souci est que finalement, il s’avère que les rentrées d’argent ne suffisent pas à couvrir le remboursement du prêt et l’entretien des bungalows. En plus il a un prêt en cours pour sa propre maison également. Sur lequel il y a aussi un impayé.

Une première fois nous avions trouvé un arrangement amiable, il avait vendu l’un de ses bungalows et couvert les impayés. Mais il y en a eu d’autres depuis et le directeur de l’agence ne veut plus entendre parler d’arrangement.

Le client si. Mon chef me laisse gérer. Si j’impose un arrangement au directeur de l’agence et que quelques temps plus tard il y a de nouveaux impayés, je risque d’en entendre parler !

La vérité est que sur le papier c’est un problème très simple, le gars ne peut pas payer, on vend sa maison personnelle et les bungalows.

Le souci c’est qu’il n’arrête pas de m’appeler avec ce ton désespéré !!!

« Bon, si tu regardes la situation en professionnelle, qu’est-ce qui ressort ? »

Il n’a pas les moyens d’honorer les remboursements de ses prêts, sa femme et lui sont étranglés sans doute parce qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens. Je ne devrais même pas hésiter, d’un point de vue strictement professionnel, je sais comment récupérer ce qu’ils nous doivent.

« As-tu le pouvoir d’obliger le directeur de l’agence à accepter un arrangement ? »

Je ne peux passer en force sur un directeur, mon chef le peut. Ce n’est pas moi que les directeurs craignent, c’est lui. Si j’argumente, vu qu’il veut se débarrasser de ce dossier, il pourrait prendre mon parti. Normalement les directeurs d’agence doivent se soumettre aux décisions qui viennent de la direction de la banque. 

« Pourquoi étais-tu prête à accepter un arrangement ? »

Nous sommes toujours prêts à accepter un arrangement qui conviennent à toutes les parties. Je n’ai pas un rôle commercial, mon boulot ce n’est pas de préserver la relation avec le client. Néanmoins, si le client veut rester chez nous, on ne le pousse pas dehors non plus. Et puis éviter une procédure c’est gagner du temps et éviter de perdre de l’argent. Pour le client.

Moi je n’ai pas de délai, pas de chiffre à faire. Si l’argent rentre en un an il rentre un an. Si c’est en un mois, c’est en un mois. Mais les directeurs d’agence ont des objectifs, les clients voient les intérêts monter.

Je ne suis pas insensible aux problématiques des uns et des autres. Si un client doit 300k € et qu’il arrive avec 280k €, je ne lui dis pas de revenir quand il aura la totalité de l’argent, je lui dis asseyons-nous.

Concrètement le client ne veut perdre ni sa maison ni le complément de revenu qu’il tire des bungalows. Je comprends cela. Toutefois il ne peut pas payer, je n’ai pas cinquante alternatives devant moi. La solution amiable qu’il propose n’est pas intéressante pour la banque. Je ne peux pas la défendre.

Ce qui me gêne c’est la détresse du client en fait. C’est dur quand les gens appellent ou viennent pour nous exposer des problèmes que nous comprenons mais pour lesquels nous sommes impuissants.

« Il te reste une solution. »

Je vais devoir lui conseiller de trouver lui-même un acheteur qui lui offre un bon prix pour ses bungalows. De sorte qu’il puisse au moins garder sa maison.

« Et s’il saisit la Banque de France ? »

J’écrirai au juge pour rappeler que certaines dettes sont professionnelles (le surendettement est réservé aux particuliers). S’il veut une bataille rangée, nous avons plus de moyens que lui. Il vaudrait mieux qu’il cherche à vendre de son côté. 

« Où est le cas de conscience alors ? Tu sais ce que tu as à faire et pourquoi tu dois le faire. Ne prends pas le fardeau des tiers à ton compte. C’est à chacun de déblayer son propre chemin. »

Merci Roéchel.

Bonne journée à tous ;)  

 

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4 Commentaires

  1. Braddy

    22 juin, 2014 à 21:37

    Courage. Tu dois être en train de flirter avec tes limites du moment.
    Elle peuvent évoluer, petit à petit, avec de nouvelles compréhensions.
    Elle peuvent aussi résister, car elles engagent tes valeurs, qui elles ne changent pas.
    C’est à chacun de juger, en son âme et conscience, et personne ne peut le faire à la place du concerné.
    Une chose est sure, il faut se poser la question régulièrement, car ignorer la chose est la voie royale vers le burn-out…
    (Je le dis ainsi pour aller au fond du problème, mais loin de moi l’idée d’être alarmiste dans le cas présent hein ? ;) )

  2. crystallia

    22 juin, 2014 à 11:20

    Bonjour à tous les deux,

    Cette semaine j’ai été rattrapée plusieurs fois par la réalité matérielle au-delà de la réalité juridique.

    Il y a cette grosse entreprise en difficulté aussi, le gérant veut un arrangement mais il n’est pas capable d’apurer d’un coup la totalité des impayés…

    Tout cela me met face à mes propres limites, je le vois.

    A moi de comprendre ce qui doit.

    Merci à vous.

    Bise ;)

  3. Laurence

    21 juin, 2014 à 23:32

    Bonsoir Sylvie,

    J’admire le métier que tu fais et surtout le détachement que tu peux avoir face aux cas les plus désespérés. Même si on considère que chacun crée ce genre de situation et qu’il lui appartient de s’en sortir et de déblayer son propre chemin, il faut avoir la force de n’appliquer que la loi, sans aucune autre considération.

    Bises

  4. Braddy

    21 juin, 2014 à 21:45

    Bonsoir Sylvie,
    Difficile de faire la part des choses quand on est prompt à l’empathie…
    J’ai moi aussi eu des responsabilités, en tant que manager, sur la carrière d’une bonne 40aine de personnes. Quand tout allait bien, tout allait bien. Et puis la crise a commencé à parasiter nos activités. Mes chefs me demandaient de me couper le bras pour sauver le reste du corps. Je prends cette image car elle correspond bien à mon ressenti, tellement j’étais lié corps et âme à mon équipe. J’ai pu le faire, un temps. Mais je m’y suis usé, et j’ai finalement changé d’orientation professionnelle.
    Je n’avais pas conscience de mes guides à l’époque. Je pense que leurs conseils n’auraient rien changé dans les faits, mais j’aurais sans doute pu mieux le vivre.
    Il me semble que dans tout métier qui implique une décision sur les autres, on peut considérer qu’on n’est pas responsable de tout, mais on en est toujours acteur. Alors certes, chaque incarnation doit expérimenter certaines choses, et c’est enrichissant à l’échelle du grand Tout, mais libre à chacun de mettre une limite à cette participation, quand les choses deviennent pesantes.
    Bon weekend. :)

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