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Vivre avec 14102507240417181812642978

Bonjour à tous,

La semaine dernière j’ai été voir Le labyrinthe, sans conviction. Mais sur conseil de mon frère qui est un puits de science en cinéma, je l’ai déjà dit.

J’ai tellement aimé qu’il fallait que je connaisse la suite. Et donc, je me suis précipitée sur les deux livres qui racontent justement cette suite, me disant que je n’avais pas besoin de lire le premier.

Premier choc, les différences sont tellement évidentes qu’elles me sautent aux yeux. Le héros est en fait télépathe, le sort du meilleur ami est un tantinet différent mais surtout, je ne connaissais pas encore le genre horrifique pour adolescents. C’est une plongée en enfer cette histoire, un enfer sans limite.

C’est là qu’on voit combien certaines adaptations cinématographiques peuvent être édulcorées. Et non je ne suis pas le genre de personne qui tourne de l’œil devant deux gouttes de sang ou qui pleure à la fin d’un livre quand le héros meurt.  

Mais pour le coup franchement, franchement, si le réalisateur et le scénariste de la suite respectent le livre, je me demande si des adolescents pourront aller le voir. A moins de ne pas filmer les scènes où la foudre s’abat sur les garçons, les faisant brûler en hurlant de douleur ou encore les scènes où certains se font décapiter.

Le tout étant si bien détaillé dans le livre, le lecteur a tout ce qu’il lui faut pour se faire une belle représentation mentale.

Ceci dit, je savais que depuis un certain engouement pour le genre « jeunes adultes » (visant officiellement les 16-25 ans), les éditeurs cherchaient à élargir la cible le plus possible. Si bien que certaines histoires ne sont plus centrées sur des problématiques purement adolescentes.

Néanmoins, l’histoire se tient. Elle est intéressante. Simplement plus dure que le film me l’avait laissé pensé. En fait, elle ressemble à son titre « La terre brûlée ».

Dans un premier temps j’avais pensé que je pourrais offrir les livres à un de mes collègues après les avoir achevés. Pour son fils de onze ans. Finalement toutefois, j’hésite. Peut-être que je lui en parlerais avant. 

On peut être surpris parfois. On a l’habitude de l’être dans le bon ou le mauvais sens, plus rarement au milieu. Je ne peux pas dire que je n’aime pas cette histoire, chaque page achevée me donne envie de lire la suivante. Pourtant, j’ai du mal à lire cette histoire.

Je pense que c’est cela le plus difficile finalement, être déstabilisé. Ne plus trop savoir si on aime parce que ce que l’on aime en général, nos repères, ne se trouvent pas là, dans ce qui nous fait face. Pour autant l’on sait ne pas détester, avoir envie de continuer, mais sans trouver pourquoi non plus.

Quand les choses nous touchent de cette façon, nos propres repères tombent et à une échelle certes très relative,  c’est notre propre univers qui est bouleversé. De quelle façon ?

Eh bien, les bébés grandissent en ouvrant les yeux sur le monde. Mais tandis qu’ils deviennent des enfants, leurs parents, l’école, la société, l’éducation leur apprend à fermer ces yeux curieux tout en dirigeant le regard vers des points précis. Les repères dont nous avons tous besoin pour vivre tous ensemble.

Devenus adultes, nous avons pris l’habitude de marcher en nous aidant d’une canne pour avancer dans notre obscurité car nous avons désormais les yeux fermés.

Aussi, lorsque que quelque chose ou quelqu’un nous heurte d’une nouvelle manière, nous lâchons notre canne un court instant et sommes donc contraints d’ouvrir à nouveau les yeux. Phénomène étrange et désagréable pour nous qui n’y sommes plus habitués, générant deux attitudes possibles. Ou nous nous hâtons de les refermer et serrons bien forts notre canne, ou au contraire la curiosité l’emporte sur la peur.

En fonction du coup qui nous aura amené à lâcher notre canne blanche, nous aurons plus ou moins tendance à refermer bien vite les yeux ou à les ouvrir un peu plus, plus longtemps. La première fois ceci dit, ce n’est jamais définitif, nous les refermons toujours, les rouvrons ou les rouvrirons ensuite, de plus en plus souvent.

C’est un apprentissage qui passe par le désapprentissage de tout ce que jusque là nous tenions pour nos repères. Sans que d’autres n’apparaissent dans la foulée car les nouveaux repères ne peuvent naître que de l’expérience et de ce qui viendra de nous.

C’est donc dans cette période transitoire que nous pouvons, pour survivre tout d’abord, apprendre la bonne adaptation. Celui qui rejette en bloc se trompe toujours de chemin. Il n’y a rien dans le déni d’autrui.

Il nous faut apprendre à vivre en borgne au milieu d’aveugles tout d’abord et contrairement à l’adage, cela fait de nous des esclaves et non pas des rois. Le borgne volontaire est celui qui n’ose pas encore, parce qu’il ne peut pas, il ne parvient pas à lâcher sa canne blanche, sa chaîne.

C’est celui qui parvient à comprendre qu’il a le droit de savourer chacune des choses qui l’entoure, qu’il voit, qui est devenu un roi. Celui-là n’a même pas vu à quel moment il a perdu sa canne. Un jour simplement, il s’est rendu compte qu’il ne l’avait plus.

Ce roi, c’est celui qui a appris l’importance de la perfection de tout ce qui est et donc qui a appris le vivre avec.

Bonne journée à tous ;)  

 

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8 Commentaires

  1. crystallia

    29 octobre, 2014 à 1:56

    Bonjour,

    J’adore Miyazaki mais moi par exemple j’ai davantage été touchée par Le voyage de Chihiro que par Princesse Mononoke.

    Et j’ai bien aimé Totoro aussi.

    Par contre tout comme toi je ne forces plus à regarder ce qui pourrait me heurter. Sous prétexte que c’est « génial ».

    Dans la douceur, beaucoup de choses passent mieux.

    Bonne journée ;)

  2. Bluebird

    27 octobre, 2014 à 21:09

    Ah ! C’est drôle.
    Pendant des années j’ai eu honte de mon hyper-sensibilité au cinéma. Je me suis forcée à voir des « bons films » (alors que j’aime les Miyazaki et les histoires tendres…). Parfois, je repensais en boucle à certaines scènes « dures » qui me hantaient pendant des jours et des semaines ! (le plus dur pour moi, ce n’est pas forcément les scènes de violence physique, mais plutot les moments de grande souffrance émotionnelle ou relationnelle.Ou les viols. Ca, je ne peux pas supporter).
    CE WE, justement,à la lecture d’une BD un peu dure, je me suis promise de ne plus me forcer à entrer dans ce genre d’univers.

    J’ai eu envie de m’écouter. Au moins pour quelques mois. Me faire du bien, m’autoriser à tenir compte de ce que je ressens, au lieu de tenir compte de l’avis des autres.

    Et juste là, toc, je tombe sur ton post !!
    Bah.

    J’ai vu cet été que je pouvais ouvrir les yeux. Et lacher quelques mois ma canne blanche d’aveugle. Enfin presque. Enfin…peut-être pas finalement ? :)
    Mais en tout cas, cet été j’ai exploré autrement le pays de mes ombres. Et j’en suis fière ! Alors maintenant, je m’autorise quelques Miyazaki et quelques Bollywood.

    Pour moi,aujourd’hui, c’est parfait comme ça.
    On verra demain, ça changera peut-être ;-)

    Bises

    Lara

  3. Cel

    26 octobre, 2014 à 16:51

    Oui ^^ Profitons du soleil !

    Bise

  4. crystallia

    26 octobre, 2014 à 12:02

    Bonjour,

    En même temps ils fait beau et chaud aujourd’hui, c’est cool non ?

    Bise ;)

  5. Cel

    25 octobre, 2014 à 23:30

    Coucou,

    Je capte, mais sans rien comprendre…
    C’est déroutant ! Exactement comme tu le décris dans ton article, lol !

    Bise,

    Cel

  6. Laurence

    25 octobre, 2014 à 23:26

    Bonsoir,

    L’idée de devoir me tenir à une canne un jour m’inquiète déjà, car cela voudra dire que je deviens vieille et faible… mais celle de me balader avec une canne et borgne en plus aujourd’hui sans en être consciente serait plus effrayant encore :)

    HELP !!!!
    :)

    Bises

  7. crystallia

    25 octobre, 2014 à 18:57

    Bonjour Fleur,

    Merci à toi.

    Bonne journée.

  8. fleur

    25 octobre, 2014 à 18:50

    Bonjour Sylvie !

    C’est vraiment une très belle réflexion ! Merci !

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