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Replacer le couvercle

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Replacer le couvercle 14122006211517181812809847

Bonjour à tous,

Cette année j’aurai reçu pas mal de cadeaux « professionnels ». Entre le comité d’entreprise, la direction et les cadeaux des correspondants, on est gâté. Et non, nous n’avons pas reçu qu’un ballotin de chocolats et quelques calendriers. 

J’attends d’ailleurs un dernier agenda…

Je vais être honnête, je n’en ai pas besoin en lui-même. Mais j’y tiens, j’en ai besoin pour tourner une certaine page. Je reviendrai dessus. Peut-être. Ou pas.

Les cadeaux d’entreprise sont une bonne occasion de se rappeler que certaines choses ont finalement bien peu d’importance à une échelle plus grande. Pourtant, leur importance nous parait si grande à notre échelle personnelle.

Le jeu des relations d’intérêt au quotidien nous amène à comprendre qu’au-delà de ce qui est très grand, il nous faut apprendre à composer avec notre univers plus petit.

Si demain tel huissier ne nous adresse plus de bouteille de champagne, cesserons-nous de lui confier nos dossiers ? Non. Il le sait, nous le savons, mais il le fait.

Beaucoup de personnes disent qu’il faut savoir séparer vie privée et vie professionnelle, qu’il faut savoir laisser au travail toutes les préoccupations liées au travail et les préoccupations liées à la maison, à la maison justement.

Quand on se débat avec sa sensibilité et ses émotions comme moi, il est absolument impossible de faire preuve d’une telle maîtrise de soi.

Les préoccupations liées au travail ne restent pas sagement sur le seuil de l’entreprise quand je pars le soir. Elles rentrent à la maison avec moi.

Vous aurez beau prendre la peine de m’expliquer par A + B en quoi cela n’est pas la bonne attitude, je suis foncièrement incapable d’agir autrement.

De ce fait j’ai aussi tendance à m’attacher aux gens pour de vrai. Même sur le lieu de travail. Si bien que j’ai moi-même envoyé des cadeaux à des personnes que j’apprécie avant de songer à l’intérêt d’en envoyer à certains correspondants. Je sais, je sais…

Dans ma prochaine vie je ferai en sorte d’être une super carriériste. Non, personne ne m’en pense capable ? Je ne comprends pas…

Du coup ceci dit, une dure journée au boulot se traduit par un besoin de douceur le soir venu. C’est dans ces moments-là que j’apprécie vraiment d’être une célibataire sans enfant. Parce que dans ces moments-là je n’ai pas envie de m’occuper de qui que ce soit. Mieux, j’ai plutôt envie qu’on s’occupe de moi.

Bref, comment décrocher efficacement dans un sens ou dans l’autre quand l’affect est littéralement une seconde manière de respirer ? Eh bien j’ai compris qu’il faut se laisser le temps de décrocher. En se chouchoutant.

Quand on est hypersensible, on se dit qu’on ne veut pas être un poids pour les autres. On ne veut pas les embêter. Du coup au lieu de parler on mange. Première erreur. On claque des sommes folles dans du shopping. On reste dans son mal-être. On devient irritable.

On vire colérique, tyrannique. De temps en temps on fait trembler les murs en pétant une durite aussi.

Pourquoi ? Parce que l’on ne veut pas être une charge. Heureusement il existe des alternatives, dont la plus intéressante je pense, se faire plaisir.

Moi je voulais dire ce que j’avais à dire. J’ai créé un blog. Jusqu’à aujourd’hui cela me fait plaisir. C’est l’une des meilleures décisions que j’aie pu prendre. 

Mais ce n’est pas la seule. Je m’offre plein de petits cadeaux. Et même si j’avais quelqu’un dans ma vie je le ferais. Parce que ce qui est bon pour le moral est bon pour la santé. Ce sont mes guides qui m’ont appris cela. Je n’ai pu que constater qu’ils avaient raison.

On n’a plus envie de se battre quand on a l’impression que le soleil a quitté la pièce. Or, un simple petit sac parfois, et le voilà revenu !

Avec le temps j’ai compris que les cadeaux à soi-même pouvaient être autres que matériels. M’asseoir, vider mon sac à voix haute dans ma chambre un soir parce que soudain mon vase est trop lourd, puis me réveiller le lendemain le cœur tout léger comme si mes soucis avaient le poids d’une plume, est le cadeau que je préfère.

Le conseil, au travail le travail et à la maison la maison, est très judicieux je n’en disconviens pas. Mais pour ceux d’entre nous qui n’avons tout simplement pas les moyens de l’appliquer, ceux d’entre nous qui ne sommes pas touchés par les cadeaux de convenance, qui n’estimons pas normal d’offrir du champagne ou des agendas à des personnes que nous côtoyons par obligation (oui je sais que ce n’est pas demain que  je pourrai diriger une boîte quelconque), il vaut mieux se dire qu’on a le droit d’être touché par une situation.

Et plutôt que de reprendre du chocolat, des gâteaux ou tout ce que vous voulez, on peut se poser deux minutes et dire franchement à l’univers combien on se sent mal et perdu. Combien on en a assez de ne pas parvenir à gérer la situation comme on le voudrait et combien simplement on voudrait que les choses s’arrêtent. Sans demander d’aide ou encore la force de supporter. Dire pour dire, sans rien demander. Déverser le contenu du vase que l’on ne peut plus porter.

Quand on est hypersensible, il y a des moments où on ne peut plus rien tolérer alors même que tout continue de passer. Alors plutôt que de lâcher le vase violemment, avec les conséquences que cela aurait, autant parler pour parler. Il y a toujours « quelqu’un » pour écouter.

Quelqu’un pour nous permettre de nous réveiller le lendemain, comme si le vase faisait le poids d’une plume.

Certains parmi vous savent que ce vase sera notre compagnon de route jusqu’à la mort. Vous savez comme moi que vous ne pourrez jamais le poser et continuer sans lui. C’est un fait. Mais j’ai une excellente nouvelle, il a un couvercle !

Et chaque fois que l’on se fait plaisir après un dur moment, on replace le couvercle.

Bonne journée à tous ;)

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5 Commentaires

  1. crystallia

    27 décembre, 2014 à 23:04

    Bonjour,

    Il faut faire ce qui nous fait du bien.

    Bise ;)

  2. Jenny

    26 décembre, 2014 à 22:41

    Bonjour Sylvie,

    Je me rends compte que je n’ose pas souvent vidermon sac comme ça à l’univers…il faudra que j’essaie à l’occasion.

    Bises

  3. Chris

    26 décembre, 2014 à 14:13

    Merci pour ce texte, je m’y suis bien retrouvée et ça me permet quelque part d’être bienveillante avec moi-même… je crois que je vais écouter tes conseils Sylvie et aller vider un peu mon sac…

    Merci encore et bonnes fêtes de fin d’année
    Biz

    Christelle

  4. crystallia

    26 décembre, 2014 à 11:51

    Bonjour Emilie,

    Eh bien justement, en début de semaine (j’ai écrit cet article la semaine passée) un soir on a reçu le courrier. J’ai ouvert une enveloppe qui m’était adressée en pensant qu’une collègue m’avait envoyé l’agenda que je lui réclamais pour une correspondante.

    Surprise, ce n’était pas ça. Deux collègues, sur la Guadeloupe, avec lesquels je travaille souvent, ont gentiment décidé de m’en envoyer un avec un petit mot, juste comme ça.

    Ce geste m’a d’autant plus touchée que je ne suis pas la personne qui les aide le plus habituellement. D’ailleurs cette même personne a remarqué que rien ne lui avait été adressé…

    J’ai eu mon agenda finalement car au-delà de l’objet lui-même, c’est la gentillesse du geste qui m’a amenée à comprendre qu’effectivement, la page est bien tournée.

    Bise ;)

  5. Emilie

    26 décembre, 2014 à 11:10

    Bonjour Sylvie,

    Allez un agenda de plus … et si ce que tu attends n’arrivais jamais ? et si l’agenda ne suffisait pas ? parce que justement, si tu y tiens, la page va être difficile à tourner. Tu n’en as pas besoin du tout : tu as gagné la bataille et c’est tout ce qui compte.
    Fichu couvercle ! Je me souviens que lorsque j’ai compris que je pouvais le soulever et vider un peu le vase, il a été emporté par une grande vague et c’était très désagréable de ne plus avoir de couvercle. Comme je n’avais plus de couvercle, j’imaginais que je montais sur un socle et que plus rien ne pouvais m’atteindre. Je n’ai plus besoin de le faire mais du coup je ne filtre pas forcément correctement; peut être qu’une autre vague va ramener le couvercle; peut être qu’il est là et que je ne le vois pas.

    Bises

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