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Le désert et la nuit (Pour Camille)

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Le désert et la nuit (Pour Camille) dans Réponses 15030812575617181813045439

Bonjour à tous,

Imaginez que vous soyez face à une vaste étendue d’eau. Souffle une petite brise rafraîchissante qui vous fait du bien, c’est le milieu du printemps et vous êtes bien. 

Imaginez également que vous êtes en Provence. Je me souviens des printemps parisiens. Ce ne sont pas ceux de notre exemple.

Pour vous donner une idée à Marseille, dès la mi-avril il peut faire chaud.

Donc vous êtes en Provence, vous promenant le long de la plage à Sanary-sur-Mer, vos yeux se perdant à l’occasion dans l’azur de la méditerranée.

Midi approche, vous avez faim, vous décidez d’aller vous attabler à la terrasse d’un des restaurants qui font face au bord de mer et vous commandez votre salade de chèvre chaud.

Soudain, le temps change brutalement. Il se met d’abord à pleuvoir, doucement puis violemment, tombe ensuite, chose incroyable en Provence, de la grêle et soudain plus incroyable encore pour le coin en cette saison, il neige.

Bien entendu pensant être au printemps, vous n’avez absolument rien prévu pour faire face à ce froid soudain. Le mistral se lève. Il souffle comme au plus fort de l’hiver et vous maudissez à présent la météo, le gouvernement, votre famille, tous ceux qui à l’heure actuelle ne peuvent rien pour vous.

Rentrer chez vous, voilà ce qui vous obsède tandis que vous vous battez contre les éléments déchainés. Mais surprise, autour de vous tout le paysage a changé. Autour de vous il n’y a plus que des congères, plus aucun bâtiment n’est visible, plus une route. Par où passer, pour aller où, vous ne reconnaissez plus rien.

Vous tentez tout de même d’aller vers ce que vous pensez être la bonne direction. Toutefois vous marchez, marchez, marchez encore, rien de familier ne s’offre plus à vos yeux. Vous commencez à douter, vous n’avez tout de même pas pu quitter Sanary ? Peut-être avez-vous simplement tourné en rond ?

Hélas, rapidement vous vous rendez compte que vous avez bel et bien avancé seulement, loin de trouver une terre accueillante, à l’abri du vent, de la neige et du froid, vous vous êtes enfoncé dans la tempête.

Et lorsqu’elle cesse enfin, devant vous, plus d’étendue bleu azur, c’est le désert, immense et vide qui s’offre à votre vue.

Vous tentez de vous retourner, il n’y a rien derrière non plus et malgré l’arrêt de la neige, le vent continue de souffler.

Vous portez toujours vos pauvres vêtements légers, vos chaussures inadaptées mais une chose est claire dans votre tête, vous ne pouvez pas rester là, il faut avancer et ne sachant où vous rendre, vous vous contenter d’aller tout droit. Résigné que vous êtes désormais, ayant compris que le changement brutal risquait de durer un moment, vous ne paniquez pas lorsque la nuit tombe doucement sur vous.

Ce n’est que des jours et des jours plus tard que vous vous rendez compte que le soleil ne semble plus se lever.

Il fait froid, vous êtes seul, vous avez faim et la nuit permanente a fait disparaître vos repères temporels. Vous êtes plus malheureux que vous ne l’avez jamais été mais vous ne vous l’avouez pas encore.

A ce stade vous continuez à croire que vous allez vous en sortir sous peu. Mais vous marchez, marchez, marchez, rien n’apparaît, rien ne vient si ce n’est des mirages ici et là.

Le désert devient plus dur, il fait de plus en plus froid, apparaissent des aurores boréales. Vous levez les yeux au ciel. Il existe encore des choses aussi belles ? Vous vous étonnez et soudain il fait légèrement moins froid. Vous souriez et continuez d’avancer. 

Elles disparaissent, des étoiles les remplacent, vous levez à nouveau les yeux au ciel. C’est joli de les voir briller ainsi, vous vous arrêtez un instant. C’est alors que la fatigue accumulée depuis le début de la tempête se rappelle à vous. Vous tombez à terre et vous mettez à pleurer.

Vous pleurez parce que vous êtes perdus, parce que vous avez faim, froid, peur et que vous êtes seuls avec tout cela en plus d’être seul avec vous-mêmes.

Vous pleurez parce que devant vous il n’y a rien, derrière vous il n’y a rien et plus aucun espoir ne vous semble plus permis.

Vous pleurez parce que vous êtes brisé. Vous regarder à nouveau le ciel, les étoiles disparaissent, il s’assombrit à nouveau, le désespoir, le vrai désespoir vous envahit et soudain devant vous une lune ronde et brillante est bientôt rejointe par des milliers de petites étoiles plus brillantes que les premières.

Vous vous relevez et malgré les larmes qui continuent d’inonder votre visage, vous reprenez votre route. Plus lentement, plus difficilement. Il se met à pleuvoir. Sous vos pieds de la boue, qui rend plus difficile encore chaque pas. Le ciel au-dessus de votre tête reste sombre mais la lune est toujours là.

Vous réalisez que malgré la faim, le froid, la soif, la solitude et la peur, vous parvenez toujours, même dans la douleur à présent, à avancer. Apparait enfin une oasis. Mais vous ne pouvez vous y attarder. Vous avez à peine le temps d’y trouver de quoi vous reposez, juste de quoi vous reposer, mais rien à boire, rien à manger.

Vous repartez, plus triste et toujours apeuré. Qu’est-ce qui vous attend désormais, comment en êtes-vous arrivé là, pourquoi êtes vous si seul, qu’avez-vous bien pu faire pour mériter cela ?

Vous relevez une nouvelle fois la tête vers les étoiles. La nuit va durer, tout comme votre traversée. Car vous voulez à présent croire qu’il s’agit d’une traversée et qu’il existe une issue quelque part. Et d’autres oasis avant cela.

Vos jambes vous portent maintenant difficilement, vous êtes affaiblis, n’avez rien de concret pour vous guider, pas de panneau indicateur, aucun indice nulle part. Vous êtes là et c’est tout.

Vous êtes là et c’est tout.

Vous continuez, parce que vous ne savez pas quoi faire d’autre et surtout, parce que vous ne pouvez rien faire d’autre.

Le ciel devient bizarre, le désert lui-même change. Apparaissent des montagnes au loin, une mer sans fin aux eaux peu engageantes, des prairies desséchés. Le ciel est par moment plus ou moins sombre, la nuit persiste tout de même. Le froid aussi.

Les phases de découragement succèdent à de courts sursauts. La colère devient familière, la rage même. Pourquoi moi ? Pourquoi m’infliger cela ?

Une nouvelle oasis, cette fois il y a de l’eau et de quoi se reposer. Le bonheur absolu, vous remerciez le ciel et savourer cette eau comme vous n’avez jamais rien savourer dans votre vie. Vous vous endormez, le lendemain, l’oasis a disparu, reste la nuit, le désert, la faim et la soif à nouveau.

Le froid vous serre le cœur plus encore qu’il ne brûle votre chair. Vous en venez à demander que quelqu’un, n’importe qui, apparaisse.  

Et Il/Elle apparait. D’une manière ou d’une autre.

Vous avez deux choix alors, vous pouvez refuser la forme que prend l’aide qui vous est accordé ou l’accepter. Accepter signifie accepter l’épreuve de la nuit et du désert. Refuser signifie subir chaque seconde de la traversée.

Dans les deux cas, vous y passerez le temps que vous devez.

Sanary est déjà loin derrière vous et il n’y aura plus de salade de chèvre chaud avant très, très, longtemps. Il vous le dit et au moment où vous y êtes prêt, vous acceptez son aide.

Le désert reste le désert. Et la nuit solitaire et glaciale ne disparait pas.

Néanmoins, le manteau posé sur vos épaules vous permet de continuer d’avancer.

Bonne journée à tous ;)

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15 Commentaires

  1. lapriereducompositeur

    9 mars, 2015 à 3:22

    Ouais y a trop de Camille…
    Mais n’empêche… j’ai versé une larme… <3

    Je t'embrasse.

  2. Emilie

    8 mars, 2015 à 20:18

    Bonjour Sylvie,
    Ce n’est pas si facile de reconnaître et d’accepter l’aide quand on traverse le désert. Quand on voit tout s’écrouler autour de soi, qu’il n’existe plus aucun mur protecteur et que le froid s’engouffre, il ne reste que la foie et le sentiment que l’on ne peut plus compter que sur soi pour tenir car même la foie est mise à l’épreuve. Alors le jour où l’on voit apparaître clairement un autre visage que ceux qui hantent nos nuits, on le repousse sèchement pour trouver le sommeil. S’il vient effleurer notre joue gentiment, on a pas envie de lui accorder la moindre confiance.
    A défaut de manteau, on peut essayer le bonnet et de fil en aiguille se sentir prêt à lâcher prise, en avouant notre peur et notre lassitude.

  3. Cel

    8 mars, 2015 à 19:36

    Bonjour Sylvie.

    Merci beaucoup pour ce bel article sur la nuit de l’âme. Il me touche profondément, il me parle énormément. Je m’y retrouve dans chaque étape, bien que je sois incapable de dire à quelle époque La tempête a eclatée pour moi… je finis par confondre les oasis passés avec la Provence, tellement cela me semble long… et peut être même oublier à quoi ressemblait Savarny.

    Je vis l’épuisement, qui devient même physique et les phases de rage et de découragement. c’est fou comme tu le décris si bien.J’ai appelé la source dans mon désespoir, mais je n’ai pas du savoir accepter son aide, car j’ai l’impression que la tempête est de retour plu forte. Peut être bien parce que je n’arrive pas à trouver la foi en moi et en Il/Elle.
    Peut être parce que j’éprouve trop de colère envers la source, à cause d’un traumatisme profond de l’âme que je me trimballe sans comprendre.

    Pourtant, un manteau chaud et une guidance ne serait pas de trop. Tu sais, je pense que si ta lumière m’attire autant, comme Camille Fraise, je crois que c’est parce que tu es la seule personne que je vois, ayant avancée aussi loin dans sa nuit et en étant même sortie. Du coup, tu es forcement une source d’espoir. Excuse moi si c’est lourd à porter.

    Merci pour cet article.

    Bise,

    Cel

  4. Nicolas

    8 mars, 2015 à 13:55

    Bonjour

    En te lisant Sylvie, en lisant la phrase de l’être derrière le voile, une réflexion me vient, cette fameuse nuit de l’âme, c’est un apprentissage humain, une création induite par nos actes. Donc si cette leçon de vie vient de nous, on peut la faire disparaitre, on peut avancer dans la vie, l’apprentissage matériel, autrement qu’en s’obscurcissant.
    En fait c’est à la fois très simple de s’en sortir mais aussi complexe quand on y est en plein dedans. Donc pas la peine de se laisser envahir par les ténèbres de la vie, de la maitrise, du repos, de la compréhension, de véritables et sérieuses connaissances spirituelle (pas celle qui nous nourrissent notre égo humain). Et bien sûr la véritable foi, c’est fort quand elle est là, parce que même quand l’obscurcissement est là, la lumiere de la foi balais, transforme tout.
    La lumiere brille et transforme parce que le savoir est là, permet de comprendre, de regarder ce que l’on vie(ça vient de ma vie cela^^).

    Enfin bon, salut : ).

  5. muffin

    8 mars, 2015 à 12:02

    Bjr Sylvie,

    Je me suis réveillé se matin avec un reve très claire je l’ai donc interpréter Nuit de l’ame terminé oufffff se fut long et périlleux mais très enrichissant ( prise de conscience dans tous les domaines et plus encore je ne détail pas beaucoup trop long et personnel). Je souhaite énormément de soutien aux personnes qui la traverse qui se trouve dans le désert. Le meilleure reste a venir garder la foi, l’Amour c’est tellement important.

    Sylvie mercis pour tous ton enseignement il m’a était d’une très grande aide et un profond soutien meme si c’était les derniers moi de mon désert. Je sais également que je continuerais a recevoir tes conseils et tes enseignements parfois meme des prises de consciences en lisant tes articles. bonne journée a toi et tous lecteurs.
    Sylvie bizzzzzz

  6. camille

    8 mars, 2015 à 11:56

    Coucou,

    ouaiiiiisss je vais remange des salades de chevres chauds !!! (dit elle alors qu elle est intolerente au lactose…..)

    du coup, je me demande ce que l on appelle perdu, sans repere.

    il y a deux ans je crois, j ai vu mon arbre, il poussait dans un desert sous un beau soleil de plomb.
    du coup, j en viens a me dire que meme perdue dans un desert pousse quelque chose.

    bises a tous.

  7. Liliane

    8 mars, 2015 à 11:16

    Coucou,

    cet article m’a touché à un point… avant j’étais l’insouciance personnifiée, je pensais vraiment que tout m’étais dû de droit, une petite fille dans son cocon, je profitais mais ne savourais pas vraiment ce que j’avais. Puis le temps a changé au point où je me suis demandé ce que j’ai fait pour mériter ça, j’avais perdu mes repères, j’étais complètement désorientée.

    je sais que je ne revivrai plus ça parce que la lumière sur ce qui m’a conduit là est entrain de se faire et ton article a fait !TING! et maintenant je ne me pose plus la question (j’essaye en tout cas )de savoir quel chemin prendre pour en sortir et je reste attentive pour accueillir l’aide qui m’est apportée sur le chemin, cette aide que j’ai tant demandé en évitant de trop m’attarder dans les oasis: il faut continuer d’avancer, sourire à la vie et savourer chaque instant malgré les cloques sur les pieds…

    Eh bien je vais profiter du fait que je sois sur l’oasis Sylvie en ce moment pour prendre des forces!

    Bisou, merci et bonne journée

  8. crystallia

    8 mars, 2015 à 10:47

    Bonjour,

    En fait c’était pour Camille-Cel. Elle voulait savoir comment éviter les obstacles de la nuit de l’âme.

    On peut surtout trouver la foi.

    Eve, je ne crois pas que l’on vive cela à chacune de nos vies puisqu’objectivement je ne vois pas tout le monde vivre cela.

    « La nuit de l’âme amène une transformation profonde. Vivent cela ceux qui y sont prêts. Autant de fois que nécessaire. »

    C’était la réponse de Sammael. Merci à toi Sammael.

    Bise ;)

  9. camille

    8 mars, 2015 à 2:18

    Coucou,

    c est valable pour tout le club des camilles gronchons ?
    ….
    les salades de chevres chauds sont mes salades preferes. je suis degoutee.

    et je me demandais si on pouvait ne pas le reconnaitre lorsque lui ou elle se manifeste ? enfin c est peut etre une question idiote….

    sinon ch sais pas si c est pour moi… mais vu ma situation, mes salades preferes, bon mon prenom et mes humeurs du moment, bah… je me sens visee lol….

    bisou sylvie

  10. Eve

    8 mars, 2015 à 1:31

    Bonjour Sylvie,

    Merci pour ce bel article. Est-ce que toute personne incarnée vit ce passage et à chacune de ses vies? Ou bien, est-ce qu’on ne le vit qu’une fois dans toutes nos vies?

    Je me poserai également la question mais les réponses tardent parfois…
    Bises
    Ève

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