L’importance du placard à bonbons

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Bonjour à tous,

« Tu te souviens de ce collègue qui t’expliquait être attéré par le comportement de certains clients ? », me demande Astaroth.

Oui je me souviens. Il me disait que certaines personnes ne se refusent rien ou ne veulent rien se refuser. Elles agissent un peu à la manière des enfants en succombant à tout ce qui leur fait envie. Ensuite, elles vont le voir et sollicitent un crédit à la consommation. 

« Et quelle est la réalité ? »

Ah la réalité c’est qu’il existe un taux d’endettement à ne pas dépasser. On ne peut pas accorder des prêts comme ça, sur simple demande, si le client ne présent pas les garanties suffisantes.

« Est-ce que tout le monde comprend cela ? »

Non. Nombre de fois j’ai entendu, la banque a refusé de m’aider, je demandais juste un prêt pour restructurer…

Seulement quand je demande que l’on me précise un peu plus la situation, j’entends oui j’ai déjà des crédits ici et là…

Ce n’est pas, dépensons d’abord et on avisera ensuite, ce n’est pas ça. C’est ou ce devrait être voilà combien je gagne, voilà à combien s’élèvent mes charges mensuelles, voilà de combien je dispose pour moi une fois mis de côté l’épargne spéciale imprévus (arrêtez de rire, combien de fois vous êtes-vous attendu à ce que votre four tombe subitement en panne !).

« Pourquoi nombre de personnes n’agissent pas de cette manière qui peut faire sourire, mais semble sage ? »

Parce que beaucoup de gens vivent en utilisant la totalité de leur salaire. Ils ont peu ou pas de marge. Pour diverses raisons. Il faut faire comme mon frère, c’est un gestionnaire. Je ne parle même pas de ma sœur. Il y a des gens qui sont désemparés quand le frigo tombe en panne.

Ce n’est pas le cas de ma sœur et de son compagnon.  Sur le coup ils sentent le poids de la tuile. Ensuite, le compagnon se hâte de faire un petit boulot en plus de son vrai travail et l’argent rentre. Ils se sont bien trouvés à ce niveau car ma sœur aussi aime faire des trucs en plus.

Avec eux, ce qui sort rentre. Il n’y a pas de dépense inconsidérée ni de vilaine surprise au milieu du mois, ils sont au taquet.

La seule chose sur laquelle ils ne s’accordent pas et c’est le point sur lequel mon beau-frère ne gagnera jamais (pas dans cette vie en tout cas) c’est le budget sucreries. Il a tout essayé, il s’est heurté au mur de la volonté de ma petite sœur. Elle est gentille, c’est un cœur, mais il ne faut pas lui demander de renoncer à ses sucreries.

Je ne désespère pas de le voir comprendre un jour que c’est un budget qui est voué à rester particulièrement élevé. Il faut savoir qu’à la maison quand nous étions enfants, nous pouvions nous servir à toute heure dans le placard à bonbons. Car oui, nous avions un placard à bonbons. Il était au-dessus du placard à biscuits. Du coup maintenant ma sœur a son placard à bonbons aussi. 

Il finira par comprendre.

« Tu sais que tu n’en as pas besoin, nous avons déjà abordé cette question. »

Je le sais…

« Il n’est pas davantage nécessaire de faire beaucoup de biscuits d’un coup. Encore moins d’acheter les propositions trop riches en sucre des industriels. »

Oui, tout ça j’ai bien compris. Revenons au sujet. Mon frère a eu une séries de dépenses imprévues ces derniers mois. Mais comme je l’ai dit c’est un gestionnaire. Il a pu rationnaliser son budget.

C’est le plus difficile je crois, rationnaliser le budget. Car il n’y a pas de mystère, c’est toujours sur le budget loisirs qu’on rogne en premier et c’est un problème de taille en vérité.

D’où l’importance du budget imprévus. Même si au final il vous sert à conduire les enfants à la piscine puis à leur acheter des glaces un mercredi après-midi au lieu de courir racheter un four.

La vérité c’est qu’on n’est pas des machines. C’est pourquoi je me suis attardée sur les sucreries de ma sœur. Il y a des choses qui sont nécessaires au-delà de l’eau et de l’électricité.

Certaines personnes quand elles tentent d’établir un budget cohérent se rendent compte qu’elles ne disposeront quasiment de rien pour se faire plaisir. J’ai déjà entendu, sans le tiercé je n’aurais même pas de quoi m’acheter un t-shirt de temps en temps. Et non, cela ne venait pas d’une personne sans emploi ou gagnant le smic.

Pour une raison qui m’échappe la croyance selon laquelle les personnes qui ont le plus de difficultés à établir un budget cohérent sont ceux qui disposent de moins de 1.5K € par mois est particulièrement répandue.

C’est faux. Ce ne sont pas ces personnes-là qui ont le plus de dettes tout simplement parce qu’elles ne peuvent pas en contracter. Ce sont plutôt ceux qui a priori ont de quoi faire face aux dépenses du quotidien.

Il n’existe pas de registre positif des crédits en France. On ne peut pas savoir combien une personne a déjà de crédits en cours si elle ne le dit pas ouvertement.

Je vois des gens vivre sur des crédits à la consommation, je n’exagère pas. Et à qui on prête ? Au bénéficiaire du RSA qui n’a pas de capacité de remboursement ? Soyons objectifs, je vous laisse deviner. 

Sauf que 100 + 100 + 100 + 100 + 100…

Un salaire, ça disparait vite, je n’apprends rien à personne. Alors jongler avec des crédits, même petits, c’est prendre un risque.

J’entends les gens se plaindre parfois, on ne prête qu’aux riches. Non, on prête à celui qui a une capacité de remboursement.

Qu’est-ce que la capacité de remboursement ? C’est une somme suffisante pour assurer le remboursement d’un crédit au-delà du reste à vivre nécessaire. Si vous voulez un conseil parce que vous avez du mal à établir un budget, gardez cette définition-là en tête.

Comme ça vous n’oublierez pas le reste à vivre nécessaire. 

Que peut-on intégrer dans le reste à vivre ? C’est ce qui reste au-delà des charges. Ce n’est pas la somme que vous allez affecter à ce qui vous fait envie. Ce n’est pas ça.

Tous les mois, vous devez pouvoir remplir le frigo. Avant de songer à amener les enfants à la piscine. Une évidence ? Vous seriez surpris.

Par ailleurs, une belle et grande maison c’est bien mais cela peut sérieusement entamer le reste à vivre. Et vous rendre bien malheureux. J’ai eu l’occasion de voir ce cas de figure-là aussi.

C’est pourquoi dans un budget cohérent il doit y avoir tous les mois un montant pour se faire plaisir, soi. Même si c’est cinq euros pour aller déguster un café assorti d’un pain au chocolat à la terrasse d’un établissement agréable.

En fait sans le montant pour se faire plaisir, on finit par se lâcher d’une manière ou d’une autre.

Il faut un budget sucreries.

Nous sommes une majorité à vivre en dépensant l’essentiel de ce que nous gagnons parce que de toute manière, il serait difficile de faire autrement pour plusieurs raisons.

Deux enfants en école privée mangeant à la cantine, une maison à rembourser, deux voitures et les assurances assorties…

Ca va vite. Alors si à côté de cela, on ne se refuse rien, on peut aboutir à des situations ubuesques.

Je me souviens avoir eu en mains un dossier de surendettement avec 8 pages de dettes, des crédits à la consommation pour la majorité. Le couple, sans enfant, gagnait plus de 10K € par mois. On est loin du SMIC vous êtes d’accord ? Et pourtant…

Ce qui nous amène au deuxième point important, il m’est arrivé d’être complètement de chez complètement fauchée et ce sur une longue période. Il n’y avait pas de sac, de bijou ni rien du tout. Vraiment rien.

Je n’ai pas pété un câble. Je ne vais pas dire que j’étais parfaitement sereine. Vous n’avez qu’à relire mes articles de 2009 pour savoir que je n’étais pas sereine.

Par contre, c’est la foi qui m’a aidée. C’est facile de dire cela je sais. Mais c’est la vérité qui est la mienne. Sans la foi, je n’aurais pas su où ni comment trouver le calme dont j’avais besoin à cette période.

Il faut trouver un moyen de prendre du recul sur les difficultés matérielles, un moyen sain et viable. Il n’y a aucune solution à trouver dans l’alcool, le jeu, la drogue ou même le sexe avec des partenaires de passage juste pour éviter de penser.  

Les amis peuvent vous soutenir, la famille aussi mais c’est en vous que vous devez trouver la force qui vous permettra de vous passer de béquille dans les moments difficiles. Cela peut être en vous investissant auprès de tiers dans une association, en vous accrochant pour vos enfants comme ma mère l’a fait quand mon père et elle s’étaient séparés alors que j’étais étudiante et qu’elle s’était retrouvée sans une somme mensuelle suffisante pour assumer toutes les charges de la maison.

Il faut trouver. Ne serait-ce que parce qu’il faut aussi trouver la force de croire que l’on pourra se construire un avenir meilleur.

Vous avez vu le nombre de fois que mes guides m’ont rappelé l’importance de rester sur mon nuage. Tout le monde devrait s’efforcer de rester sur le sien.

Vous voulez que je vous fasse rire ? Même fauchée, ma mère continuait de remplir le placard à bonbons. Vous croyez que je vais oublier cela un jour ?

Pour établir un budget cohérent, il faut partir de ce que l’on a et non pas de ce que l’on souhaite faire ou acquérir. Ce n’est que lorsque l’on a établit un reste à vivre sérieux que l’on peut déterminer s’il reste un plus.

Quand c’est le cas tant mieux. Quand c’est le cas on s’offre un collier ou un sac. 

Quand ce n’est pas le cas, on va au parc, on apprécie le soleil sur notre peau et on garde la foi.

Le calme intérieur s’entretient et on n’a pas besoin d’argent pour cela.

Quand tout va bien, il est important de se souvenir que ce calme ne s’entretient qu’en prenant du recul et en gardant en tête ce qui compte vraiment pour nous.

C’est dans le calme que l’on prend conscience que pour se faire vraiment plaisir, il suffit parfois d’un bonbon justement.

Bonne journée à tous ;)

 

 


9 commentaires

  1. Bluebird dit :

    Merci pour cet article…

    je n’avais jamais regardé les choses comme ça.Je n’oublierai pas l’image du placard à bonbons.
    C’est drole, je crois que je n’ai pas ça comme besoin (en tout cas pas les bonbons, et les gateaux, c’est passé..). Je ne vois pas ce qui pourrait jouer ce rôle ?? Les livres ?

    Ah si !! Le placard à fruits secs !! ( amandes grillées maison, noix de cajoux, raisins secs, gingembre confit..).
    Et maitenant que j’y pense, je me souviens que j’ai carburé toute ma rédaction de thèse avec ça. C’était une période où je ne mangeais pas beaucoup, très mal, très stressée, je me sentais seule et ne prenais pas soin de moi du tout…Mais il y avait toujours un tuperware de fruits secs à coté de l’ordi. Je prenais le temps d’aller en racheter ;)

    Souvenirs…

    Bises
    Lara

  2. crystallia dit :

    Coucou !

    Des gaufres, des gâteaux, je prends aussi lol !

    Bise ;)

  3. Cel dit :

    Coucou,

    Chouette article :) Merci du partage !
    Ahah, moi c’est un placard à gâteaux qu’il me faut ^^

    Bises

  4. Camille-Strawberry dit :

    Coucou
    Chouette les placards à bonbons ! Moi j’ai un bocal à gaufres ! Quand il est vide, je boude. Et hop ! Comme magie, le paquet tombe dans mon chariot de courses.
    C’est fou ça ! La vie décide pour nous !…
    On est des impuissant face aux douceurs… on succoooommmmmmbe

    Et c’est booooonnnnnnnn

    Bises

  5. crystallia dit :

    Bonjour Myriam,

    Comme quoi il est pris soin de toi !

    Je trouve ça super.

    Merci à toi.

    Bise ;)

  6. myriam dit :

    Bonjour Sylvie;

    OUH,QUEL ARTICLE!

    Je suis tout a fait d’accord avec tout ce que tu dis.
    Pour ne pas se « perdre », il faut effectivement faire avec le budget( salaire) que l’on a et pas avec ce que l’on pourrait avoir si.
    Nous nous avons toujours fonctionné comme celà.
    Nous avons un salaire qui sert à payer les charges courantes,les crédits,l’école, les factures….
    Ce qui reste-souvent moins de 50 e par mois ,plusieurs fois rien
    Ensuite,pour tout ce qui est imprévu,(réparation de la voiture (pièces d’usure,vêtements, chaussures…),c’est mon petit gagne_pain à moi qui paie ça-et les loisirs si on peut.(un livre,un pique_nique,une sortie cinéma.
    Et si jamais , nous avons une grosse dépense imprévu,mon mari a un petit boulot à côté et moi, je me débrouille à trouver.
    Ce que je remarque aussi c’est qu’à chaque fois_que j’ai voulu trouver un p’tit boulot pour renflouer , je n’ai jamais, jamais eu besoin de chercher.
    Ds les jours qui suivaient le besoin de travailler, à chaque fois,en discutant-comme ça avec des gens’ voisin ou inconnu),on me proposait un travail qui me convenait.
    Je n’ai jamais eu besoin de chercher_ça m’est »tomber du ciel » à chaque fois et en y regardant de plus prés,mon mari aussi.
    De plus, je constate que c’est toujours les gens peu fortunés qui donnent le plus:je veux dire qu’ils ont toujours le « coeur sur la main » comme on dit chez nous.
    Ce sont toujours cette catégorie de gens qui te donnent un coup de main_ bien entendu -gratuitement(un service en vaut un autre) où si tu arrives à l’improviste ( tu vas bien rester manger avec nous même si il y a peu),ce sont les premiers aussi à s’investir pour une cause qui les touchent’ association ….pour les enfants à l’hopital par ex.
    Et pour finir,chez nous en Dordogne- du moins,c’est comme ça:il y a toujours une assiette pour celui qui passe, un geste pour celui qui a besoin d’aide.
    C’est un pays de petits paysans – pas riches- qui savent ce que c’est de travailler-beaucoup- pour gagner peu mais toujours la solidarité est là_et chez nous, ce n’est pas un vint mot.bises

  7. crystallia dit :

    Bonsoir Alexandre,

    La fameuse école de la vie, elle nous enseigne aussi l’art d’accepter que le cœur des autres évolue dans des sphères très éloignées du nôtre.

    Merci à toi.

    Bise ;)

  8. alexandre dit :

    Bonsoir Sylvie,

    Ton article m a fait vibrer au delà de ce que tu peux imaginer.surtout quand tu parles de trouver un soutien face aux épreuves.Cela m a fait penser a l époque assez récente ou ma famille maternelle m avait tourne le dos(c toujours le cas) et que seule une amie et mes chattes m avaient soutenu. Cette amie est partie pour le sud et mes chattes vivent toujours avec moi.Elles sont la source de mon equilibre. J ai également vu depuis une personne ayant plus que moi pour vivre mais paradoxalement pas très heureuse. Comme quoi , l argent ne fait pas le bonheur.. Cette foi est une force .Selon moi, on l’a ou pas.Tu as également raison quand tu dis que beaucoup de personnes peuvent se perdirent dans l alcool ou la drogue.Le plus amusant dans ma vie, c est qu’une amie m a dit qu’elle était admirative de mon indépendance et mon humilité. Je lui ai répondu n avoir aucun mérite et que seules les circonstances de la vie m avaient force a être indépendant. J arrive a gérer mon budget, soigner mes chattes et me faire plaisir .Certes, pas de gros plaisirs ,un café ou un livre, un hot dog ou manger au mc do .Je penses qu on doit toujours se garder une petite somme pour se faire plaisir. Pour moi, ma règle de vie c est ne dépend de personne car au jour de la noirceur,même ton ombre te fuira. Bises

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