Vivre aussi

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Vivre aussi 18012101294817181815483784

Bonjour à tous,

« Alors le plus grand souhait de ta mère serait de revoir sa mère. », me dit Gabriel.

Oui, ma défunte grand-mère. Cela fait longtemps qu’elle nous a quitté. Mais je comprends. Je voudrais que ma tante soit encore là. Et que les choses soient comme avant.

C’est drôle de devoir composer avec l’absence physique alors que les sentiments sont toujours là. C’est drôle de souhaiter qu’une personne arrête de souffrir et de s’effondrer au moment où elle s’arrête de vivre.

Elle ne souffre plus. Mais nous nous sommes encore là, sans cette personne à nos côtés. Et soudain il n’y a plus que les souvenirs et le passé.

Alors que nos sentiments demeurent dans le présent. Et c’est tout ce qui va demeurer.

Puis le temps passe, les années. La peine s’efface mais la conscience de ce qui était et ne sera jamais plus l’a remplacée.

Sans souffrance, on se souvient. On arrive à rire et sourire de ce qui a été. On ne peut s’empêcher de penser à ce qui ne sera pas. Et qui aurait dû être.

Il y a comme un trou quelque part et on sait que c’est normal. Seulement le trou est là, béant.

L’absence.

La peine s’efface, la souffrance disparait mais on sait et on n’oubliera jamais qui on a aimé. Et nous a aimé.

Au lieu d’un portrait sur le mur, il y a le trou. Aucun portrait ne remplace un éclat de rire.

On sait qu’on ne l’entendra plus. Qu’on ne discutera plus.

Qu’il n’y aura plus de repas ensemble.

Plus de rire ensemble.

Il y a des gens qu’on ne fait que croiser et il y a ceux avec qui on fait une bonne partie de chemin.

Arrive la fourche, chacun emprunte la route qui lui est destiné et fait ce qu’il a à faire.

L’absence n’empêche pas la vie. Elle nous rappelle pourquoi il est important de vivre par contre.

Important de sentir et de respirer. De rire et de s’exprimer.

Vivre. Pour être et pour aimer.

Pour recevoir et pour donner.

L’absence nous rappelle que ce qui compte, c’est de prendre le temps d’apprécier le chemin.

Ma tante avait toujours été là. Elle a été mon deuil le plus difficile.

Pour ma mère c’est l’absence de ma grand-mère qui demeure la plus difficile.

Dans tous les cas, il y a un avant et un après. 

Aucun n’est mieux que l’autre. C’est juste la vie.

Et même si on pense à ceux qui nous manquent avec le sourire, même si on est capable d’échanger au sujet des durs derniers moments, on sait que la seule chose qui demeure au présent, ce sont nos sentiments. 

Ces sentiments-là sont comme des fleurs dans un joli jardin. On peut s’y promener mais cela n’aurait pas de sens de les cueillir pour les mettre en vase.

Alors on profite juste du jardin, à l’occasion.

Et le reste du temps, on vaque à nos occupations.

On sait juste, en regardant le jardin, que notre unique devoir sur cette Terre est de vivre. 

On n’est pas là juste pour survivre.

C’est parce que l’on se souvient de cela que l’on peut s’asseoir devant ou dans ce jardin tout en souriant.

On choisit ou non de vivre en profitant des rayons du soleil.

« Vous choisissez ou non de vous rendre au jardin quand il fait beau ou quand il pleut. »

Voilà. Merci Gabriel.

Belle journée à tous ;)       

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9 Commentaires

  1. Bluebird

    31 janvier, 2018 à 17:50

    Bonjour Sylvie,

    Merci pour ce partage, parmi tous les autres si forts en ce moment.
    Oui : vivre aussi, pleinement, et se réjouir soleil intérieur et extérieur.

    Et du bleu magnifique qui se dégage de cette photo !
    Les différents bleus.
    Ils me touchent et me font du bien :)

    Bises ;)
    Lara

  2. crystallia

    26 janvier, 2018 à 1:40

    Bonsoir,

    Merci à vous pour vos mots et partages.

    Bise ;)

  3. Anna Live

    25 janvier, 2018 à 21:02

    Bonsoir !

    …tout de suite après l’envoi du com de ce matin avec le lien de la chanson de Louane…je démarre mon premier entretien de la journée. Une jeune fille qui commence à me parler d’une voisine âgée malade puis de sa mamie décédée. Je me dis tiens c’est le sujet du jour ! Bien inspirée par Sylvie ( merci !) nous parlons de l’absence et de vivre aussi.
    Pendant qu’on discute elle découvre une liste de musiques oubliée sur mon bureau qu’un autre enfant m’a demandé de mettre sur mon téléphone pour qu’on les écoute pendant nos entretiens. Je propose à cette jeune fille de me dire un morceau de son choix que j’ajouterai à cette liste et que nous pourrions écouter ensemble. Je travaille avec des enfants qui ont un handicap mental et la musique est un super vecteur pour parler avec eux. Ben devinez ce qu’elle m’a demandé ? La chanson de Louane ! Magique ! Si vous saviez la difficultés d’expression et d’élocutions de cette jeune fille qui donne une allure si particulière à nos entretiens vous pourriez mesurer à quel point c’était beau, touchant et surprenant.
    En tous cas, il m’a donc suffit de cliquer sur le lien que je venais de vous envoyer et on a chanté ensemble…avec le sourire ;)

    Merci Émilie de ton lien Fondamental de Calogero.
    Cette journée faites de ces partages ici et au travail aujourd’hui sont des pierres de plus apportées à mon édifice.

    Bye !

  4. Emilie

    25 janvier, 2018 à 15:10

    Bonjour Sylvie,
    « Vous choisissez ou non de vous rendre au jardin quand il fait beau ou quand il pleut. »
    Il pleut sans cesse en ce moment mais ce n’est pas une raison pour ne pas sortir …

    Je me souviens d’une chanson que devait chanter ma grand-mère, qui chantait tout le temps d’après ce que me racontait ma mère :
    « c’est aujourd’hui dimanche,
    tiens ma jolie maman,
    Voici des roses blanches
    Toi qui les aimais tant!
    Et quand tu t’en iras
    Au grand jardin là-bas
    Ces belles roses blanches tu les emporteras ! »

    Cette chanson m’est revenue en écoutant un titre à la radio en voiture (le truc qui arrive souvent comme l’a remarqué aussi Anna).
    Je crois que je vais les voir de temps en temps au jardin car j’ai rêvé un jour que je leur téléphonais, pour prévenir que je ne savais pas si j’allais pouvoir arriver à temps (à cause des barrages sur la route). Mon oncle qui est décédé m’a répondu que ce n’était pas grave et que je pouvais venir quand je voulais.

    A défaut, on peut peut être envoyer des roses blanches et écouter Calogero « Ce qui nous a élevé nous élève »
    https://www.youtube.com/watch?v=wOLUaLDYuHM

  5. crystallia

    25 janvier, 2018 à 11:07

    Coucou,

    Chaque jour il y a des occasions de sourire et de se réjouir.

    Il faut s’en souvenir.

    Merci à tous.

    Bise ;)

  6. Passeuse

    25 janvier, 2018 à 9:09

    Bonjour Sylvie

    Quelle magnifique témoignage§
    Oui,ils ne sont plus là physiquement_ mais reste les souvenirs,photo,vidéo,leur sourire, parole,et tout ce qu’ils nous ont transmis.
    Les jours de vague à l’âme, on peut se réfugier ds ce beau jardin de souvenir et les faire revivre, pour une heure, un jour, ou une éternité.
    Et puis ,pour avancer, et par ce qu’ils n’aimeraient pas nous voir triste, on se lève, on danse, on chante, on sourit, on vit.
    Personnellement, m’enfermer avec eux’ et j’en ai beaucoup », me donne une force incroyable ,je vis avec , tous les jours, comme des présences accompagnantes douces à mes côtés .
    J’envoie une vague de tendresse à tous ceux qui sont ds la peine.
    Mais moins on arrive à faire le deuil,et plus on les retiens ,ici et on les empêche de monter.
    Un deuil, sa prend du temps!
    pEnsée d’amour à tous

    Ana live:cette chanson est par trop émouvante.J’adore LOuane.
    Sylvie,tes photos aussi sont  » je ne sais pas mais particulièrement touchantes.

  7. Anna Live

    25 janvier, 2018 à 8:05

    https://m.youtube.com/watch?v=RW_2Eitg_3c

    J’arrive au travail. Le temps du trajet cette chanson sur les ondes. Certes on l’entends souvent en ce moment mai s conqiderant que jai 5mn de route….c est étonnant. Alors je vous l’envoie.

    Pour vous pour Nous

    Anna

  8. Anna Live

    25 janvier, 2018 à 7:20

    Bonjour *_*

    Baume de tendresse sur tous les coeurs et âmes en deuil.

    Pensée particulière pour bluebird qui a témoigné du sien avec grâce dans « A la delivrance ».

    Merci Sylvie pour toutes tes vagues et beaux rivages où tes mots et photos nous amènent chaque jour…
    J’aime beaucoup celle-ci.

    Belle journée à tous

  9. alexandre

    25 janvier, 2018 à 1:12

    Bonsoir Sylvie,
    Ton article a remue PAL mal de choses en moi.Vois tu, j ai toujours eu avec la mort un rapport bizarre,ni triste ni dévasté lors de la mort de certains proches je me disais que c était la vie.Les seules fois ou je me suis effondre c était a l annonce du décès se mon grand père maternel (il était une lumière pour moi) et lorsque j ai du dire au revoir a mon bébé chat lucifer. J ai pense après la mort de mon grand père que c était la fin de mon enfance.Mais le plus dur a été de perdre lulu car lors de mes problèmes familiaux, il était un réconfort permanent. La je peux dire que j ai morfle vraiment .Peut être parce que nous étions fusionnels.Il me suivait partout et dormait avec moi,une vraie glu lol Ma peine s est estompée,mais je pense a lui tous les jours ainsi qu’a mon grand père. J espère qu’ils/sont heureux de l autre côté, Je pense que tu as raison ,ces deuils m ont appris a profiter tout comme toi de chaque moment de la vie.Je pense que c est cela qui est le plus important bises

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