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Tous les jours oui

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Tous les jours oui 18022507263117181815579897

Bonjour à tous,

« Tu vas aller refaire ta couleur ? », me demande Elémiah.

Oui, pour entretenir mon blond naturel lol.

« Tu n’y vas pas très souvent. »

Je ne pense pas que quiconque soit surpris de me voir avec des racines brunes. 

« Tu voudrais retrouver ton châtain naturel ? »

Non, pas pour l’heure.

« Et tu voudrais un blond plus clair ? »

Ah sûrement pas ! Blond foncé c’est parfait. Mais là il faut que je les hydrate bien avant d’aller voir la coiffeuse ou elle va me gronder…

« Le collègue te faisait remarquer que tes boucles tombaient autour de ton visage. »

Je n’ai pas compris sa remarque, mais peu importe. 

« Il a dit qu’à leur naissance tes cheveux sont lisses car à peine ondulés. »

Je ne comprends toujours pas, mais peu importe. Il ne voit pas les boucles ?

« Il les voit. Elles apparaissent sur les longueurs, après les ondulations. »

Il y a des collègues qui m’ont demandé si j’avais réellement les cheveux frisés, c’est le cas.

« Mais pourquoi personne d’autre chez toi n’a des cheveux comme toi ? »

Ce n’est pas rare dans les familles antillaises.

« Tu as hérité les cheveux de ta grand-mère métisse. »

C’est ce qu’on me dit.

« Ta tante paternelle a ceux de son grand-père métisse. »

Oui, de ce côté-là c’était les derniers Caraïbes de la Martinique.

« Il n’y en a plus ? »

Non, ni chez moi ni en Guadeloupe. Il y en a qui vivent toujours à la Dominique.

« Toi tu as hérité d’eux des yeux presque bridés. »

Oui, lol. Lequel de tes parents est chinois ?, me demandait-on quand j’étais petite.

« Certains collègues aussi pensent que tu es d’origine asiatique. Même si cette origine peut être lointaine. »

Ce n’est pas le cas.

« Les gens ne se doutent pas qu’une partie de ta famille est originaire d’Inde. »

Je vais te dire, je ne sais rien de la famille de mon grand-père maternel. Apparemment, il ne la fréquentait pas. 

« Que sais-tu de la spiritualité des Caraïbes ? »

Rien du tout. 

« Tu sais juste que tu leur dois tes jolis yeux en amande. »

Voilà.

« Et tu dois ta cascade de boucles à ta grand-mère maternelle. »

Il parait.

« Quand tu as les cheveux attachés en queue de cheval, ils te paraissent lourds. C’est plus agréable de les avoir détachés ? »

Ce n’est pas pareil. 

« Tu ne les lisses plus jamais. »

Je n’en ai pas envie. Mais peut-être la prochaine fois que j’irai chez le coiffeur tiens, c’est une idée, pourquoi pas un brushing…

Tant que ce n’est pas à moi de prendre la brosse et le sèche-cheveux !

« Pourquoi le collègue a-t’il fait cette remarque ? »

Je n’en sais rien du tout. 

« A l’époque de l’esclavage, pour créer des dissensions parmi les esclaves, les maitres distinguaient notamment ceux qui avaient les cheveux frisés des autres. Moins le cheveu était crépu, mieux c’était.

Cette remarque, c’est parce que tes cheveux poussent naturellement en longueur. Les cheveux crépus poussent en volume.

C’est pour cela qu’à leur naissance ils sont ondulés. Ils ne bouclent pas tout de suite sur eux-mêmes. C’est ce que ton collègue a remarqué.

Contrairement à d’autres, il a vu que tes cheveux étaient naturellement frisés.

Ton beau-frère voudrait que ta sœur cesse de défriser ses cheveux. Elle ne veut pas. Elle a les cheveux plus fragiles que toi. Ils se casseront et mettront du temps à repousser si elle arrête le défrisage. 

Elle aurait la même chevelure que ta mère, épaisse et plus dense que la tienne. Avec moins de boucles.

Certaines choses sont restées de l’époque de l’esclavage. C’est une des raisons qui fait que les femmes noires défrisent leurs cheveux. 

De moins en moins d’Antillaises ceci dit. Du moins en Guadeloupe ou Martinique.

Une de tes cousines t’a demandé comment tu faisais pour avoir des boucles. Une autre en a de plus grosses que toi. Vous êtes les deux seules à avoir des cheveux qui poussent en longueur.

Comme tu n’as pas grandi en Martinique, il y a des choses qui te passent par-dessus la tête. 

Cette remarque n’était pas anodine. Ni la question de savoir si tes cheveux sont naturellement frisés ou si tu utilises un produit qui crée cet aspect.

Comme beaucoup.

Tu utilises des produits qui ravivent les boucles naturelles. Mais il faut un terrain favorable pour que ces produits donnent des résultats. D’autres ont tenté de t’imiter, avec une nature de cheveux différente, ils n’ont obtenu aucun résultat.

Toi, tu veux juste être toi-même et donc tenir compte du fait que tu as des cheveux frisés te semble normal. C’est pour cette raison que tu ne les lisses plus.

Des tas de considération te passent par-dessus la tête, ma douce Sylvie. 

Ta grand-mère avait le teint et les yeux clairs. Quand ton grand-père avait été appelé au Sénégal, elle était venue avec lui. Et les gens la prenant pour une Portugaise, ne l’aimait pas. 

Imagine que tu aies un enfant qui hérite ses yeux ? Ou son teint ? Mais toi tu penses, s’il sort de mon ventre, c’est le mien. Tu te moques de certaines considérations.

Tu n’as pas connu cette souffrance particulière, être rejeté par ceux qui te ressemblent. Parce que ta peau ou tes cheveux ne leur conviennent pas.

Cela existe chez toi et tu le sais. Cette amie de ta mère l’a bien connu et ressent encore cette souffrance aujourd’hui. L’une de tes tantes aussi l’a connue.

Une ancienne camarade de classe était blonde et avait la peau très claire. Et elle appréciait le fait qu’en Martinique, personne ne l’appelait cachet d’aspirine ou ne lui reprochait ses longueurs presque platines.

Il n’y a que ceux qui lui ressemblaient qui lui faisaient des remarques.

Comme celle de ton collègue.

Là où tu as grandi ce ne sont pas ceux qui te ressemblaient qui te faisaient des remarques, qui te demandaient lequel de tes parents était chinois.

Quand vous êtes dans un environnement qui n’est pas le vôtre, ce ne sont jamais ceux qui vous ressemblent qui vous font des remarques.

Cette phrase de ton collègue signifie qu’il voit une différence chez toi. 

Ceux qui continuent de te demander si tu as des origines asiatiques pensent la même chose.

Peu importe tes origines ethniques. Ce qui compte c’est que vous n’êtes pas obligés de relever tout ce que vous voyez. 

Vous pouvez faire le choix de tenir compte de ce qui ne se voit pas.

Au lieu de vous lancer dans des interprétations hasardeuses et erronées au sujet de ce qui se voit. Tu te souviens de la première fois que tu as décoloré tes cheveux ? »

Je sentais que je devais faire quelque chose au niveau de ma coiffure mais je ne savais pas quoi. Comme j’adore les cheveux noirs, je me demandais si vraiment cela ne m’irait pas, même si je me doutais que non et j’ai entendu, essaye plus clair.

Je n’étais pas convaincue du tout, je ne me voyais pas blonde. Mais je me souviens qu’une amie m’a répété plusieurs fois, tu as le même teint que Beyoncé, la même couleur t’irait.

Le coiffeur m’a dit tout de suite que plus clair m’irait mieux que plus foncé. J’ai tenté. Je suis contente de l’avoir fait lol ! Même si au départ j’avais juste un ombré.

Mon père n’approuve pas. Parce qu’il ne comprend pas que c’est juste par goût et qu’il n’y a rien d’autre derrière.

« Ce n’est pas grave. »

C’est ce que je me dis aussi.

« Simplement, souviens-toi que ce n’est jamais de manière anodine que des personnes qui te ressemblent te font des remarques sur des particularités physiques. 

Est-ce que tu crois à la beauté physique ? »

Je crois qu’elle existe. Mais que l’environnement culturel dans lequel on a pu grandir et évoluer oriente beaucoup notre regard. 

« Des cheveux frisés en Martinique est une valeur ajoutée. »

Je sais, on m’a fait la remarque plusieurs fois et c’est pour ça qu’on me demande s’ils le sont naturellement.

« Est-ce que tu es belle, ma douce Sylvie ? »

Eh bien, oui. Je l’ai décidé il y a des années déjà. C’est mieux, on se pose moins de questions idiotes.

« Et est-ce que tu te sens belle ? »

Souvent oui. Certains jours, moins. Mais je travaille à ce que ce soit tous les jours oui.

« Avec ou sans boucles, ce devrait être tous les jours oui. Tu vas acheter les boucles d’oreille ? »

Non. 

« Pour ton anniversaire ? »

Non.

« Tu verras bien. »

Lol !

« Tu t’es littéralement arrêtée devant. »

Soit les boucles soit un voyage et je me vois déjà photographiant le grand Canyon. Donc, non.

« Tu remarqueras une chose, tu es plus belle quand tu te fais plaisir. Fais les deux.

Ainsi ce sera tous les jours oui. »

Ok je comprends, merci Elémiah.

Belle journée à tous ;)     

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16 Commentaires

  1. Anna Live

    28 février, 2018 à 7:37

    ;)

  2. crystallia

    28 février, 2018 à 3:02

    Je suis d’accord, vivement mes vacances !

    Et ton accomplissement.

    Bise ;)

  3. Anna Live

    27 février, 2018 à 20:02

    Coucou Sylvie

    Oui j’en aurai des tonnes à raconter de ces anecdotes comme les tiennes et celle d’Émilie qui sont déconcertantes.
    Moi comme ton oncle ma mère a préfèré me présenter a des voisins comme étant son amie plutôt que sa fille pour éviter que ça jase dans son village Corse. Et j’en passe…car j’ai appris et suis parvenue malgré l’adversité à m’aimer. C’est en effet un bel aboutissement. Je dirais aujourd’hui que je vise l’accomplissement.

    Vivement tes vacances ! :)

    Bise !

  4. Passeuse

    27 février, 2018 à 8:43

    Bonjour Sylvie

    ET merci de ce long témoignage.
    Te lire m’a beaucoup touché.Je comprends.
    Tu es très belle, tu le sais déjà mais ça fait toujours plaisir de se l’entendre dire.
    Bises……

  5. Passeuse

    27 février, 2018 à 8:34

    Re ana live

    Excuse moi, effectivement, mon pseudo à changer entre_temps.
    Une évidence à un moment donné.
    J’avais les yeux fatigués hier soir et j’ai fait vite.
    Je suis très contente d’avoir pu t’aider.
    Belle journée

  6. crystallia

    27 février, 2018 à 2:44

    Bonsoir,

    Pour le carnaval chaque commune élit une mini-reine, une reine et une reine-mère.

    Ensuite, il y a une ultime élection qui a lieu le mardi gras, l’élection de la reine du carnaval. On élit aussi la mini-reine et la reine-mère du carnaval je crois.

    C’est sympa de les voir défiler, elles sont toutes magnifiques dans leurs beaux (et parfois encombrants) costumes.

    Pour ce qui est de la coiffe, c’est le maré tèt.

    Moi aussi quand je vivais en région parisienne puis à Marseille on me demandait systématiquement de quelle origine j’étais.

    Ici on me demande depuis quand je suis là et pourquoi je ne repars pas. Encore juste aujourd’hui…

    C’est particulier quand tes papiers disent une chose de toi et que ton aspect physique dit autre chose que ce à quoi les gens s’attendent en fonction de ces mêmes papiers.

    C’est tout aussi particulier de grandir en entendant tes parents te dire, c’est tel endroit chez nous et s’entendre dire, « chez soi » c’est drôle que tu ne veuilles pas repartir…

    Ce n’est pas toujours évident de savoir situer « chez soi ». Mais je digresse.

    La beauté c’est comme la différence, elle se trouve dans l’œil de celui qui la voit et il y apporte la connotation qu’il veut.

    On peut voir que les autres ont des cheveux plus longs ou plus courts que nous. C’est nous qui savons pourquoi c’est un détail ou autre chose.

    Emilie, ce que tu racontes est juste effarant. Nous avons deux filles puis il y a la dernière, c’est fort.

    Les infirmières m’appelaient la crevette parce que, croit le ou non, j’étais toute rouge quand je suis arrivée et mes cheveux noirs et lisses étaient plaquées sur mon crâne. Pas l’image qu’on se fait d’un bébé noir.

    Du coup quand mon père est venu me voir pour la première fois, on l’a conduit devant un petit garçon à la peau couleur ébène. Je suppose que cela semblait plus logique.

    Enfin des anecdotes j’en ai, vous en avez, je ne doute pas que j’en glanerai de nouvelles. Ici et là.

    La plus triste de toutes me vient d’une dispute avec une fillette à peine plus jeune que moi à l’époque et qui m’avait lancé, à moi, tu es raciste parce que tu es blanche.

    Je ne ressemblais déjà plus à une crevette à l’époque. Mais elle, elle vivait dans un petit village en Gironde et quand j’avais parlé de cela à ma mère elle m’avait expliqué que tout n’était pas simple dans ce petit village pour cette famille.

    Je comprenais d’autant mieux que ma cousine, vivant en Normandie, avait le même genre de problèmes.

    Son père est normand en fait. Et c’est grâce à lui que j’ai appris qu’il n’y avait pas de normand noir. Croyez-moi. Cela n’est pas compatible. Il en a maintes fois eu la confirmation.

    Même sa mère lui a écrit un jour en lui disant, ne viens pas me voir, je me suis mariée et je ne lui ai pas dit que j’ai un enfant noir.

    Non, je n’invente pas. J’ai oublié de préciser, elle, elle était blanche et venait d’une grande famille de la région.

    Vivre en Martinique est « facile » de ce point de vue là. Je suis martiniquaise après tout. Mais ici j’ai approfondi ce que j’avais découvert à Marseille.

    Il y a des différences qui ne se voient pas et comme le fait remarquer Elémiah, des choses qu’on me dit à moi, des questions qu’on me pose qu’on ne dira pas ni ne posera à quelqu’un d’autre.

    A Marseille le problème était mon accent « du Nord ». Laissez-moi vous dire que ce n’est pas le bon dans le Midi ! Il faut que ça chante !

    Quand on ne sait pas trop où est chez nous, ce n’est pas si facile de se trouver beau. Les références extérieures ne sont pas si évidentes.

    Pour se trouver beau il faut d’abord s’accepter et s’aimer. Pour pouvoir se passer de références extérieures.

    C’est comme un premier aboutissement.

    Pour les vacances, je reviendrai avec plein de photos et tu sauras où je me suis promenée Anna !

    Bise ;)

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