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Le néant et la grâce

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Le néant et la grâce 18090207250124101015874496

Bonjour à tous,

« Certaines personnes se demandent ce qu’est le désert. », me dit Gabriel.

J’aimerais être à leur place. Je suis morte de rire…

« Et qu’est-ce que le désert, ma douce Sylvie ? »

C’est l’épreuve spirituelle dans toute sa splendeur. 

Je vous donne un exemple très simple. Vous achevez vos études. Tous vos amis aussi. Ils se mettent en couple, emménagent, trouvent des stages, des emplois divers, des formations intéressantes ou se démènent pour ne pas avoir à pointer trop longtemps à Pôle Emploi.

Vous aussi vous avez envie de soigner votre sortie. Mais depuis votre troisième année, vous avez le sentiment insidieux et lancinant que vous êtes sur une route qui ne mène nulle part.

Le souci c’est que vous n’avez pas besoin de ça. Du haut de votre jeune vingtaine, vous aimeriez vous aussi pouvoir vous projeter dans une belle robe d’avocat ou de juge. Oui parce que dans l’exemple vous étudiez le droit. Voilà.

Donc vous faites tout pour étouffer ce sentiment gênant car évidemment, vous ne voyez aucune autre route possible. D’autant qu’en raison de votre situation familiale, vous n’avez absolument pas les moyens de refaire une première année de quoi que ce soit. Et sans licence au minimum à moins de postuler chez Mac do…

En outre bien que vous ne soyez pas passionné par les études d’une manière générale, vous apprenez avec une certaine facilité. 

Alors, vous vous accrochez.

Une année de plus passe, vous voilà à la fin de la quatrième année et un gouffre apparait non loin. Au secours ! Parce que vous ne savez pas quoi faire d’autre et que de toute façon vous n’êtes pas prêt à faire face à ce gouffre (en clair vous êtes face à Je ne sais pas qui je suis et encore moins ce que je veux, oui ce gouffre-là), vous profitez de la chance que vous avez eu de choisir une maitrise bien vue et vous vous inscrivez facilement en troisième cycle. 

Entre temps, vous avez pour la troisième fois de votre vie prié comme une malade pour que Dieu d’une façon ou d’une autre vous apporte une réponse. Chose qu’il a faite. Mais peu importe. 

Oui parce que j’ai oublié de préciser. A partir de la troisième année, vous avez commencé à vous intéresser à la spiritualité de manière timide. Vous cherchiez ce qui pourrait vous correspondre, sans grandes investigations toutefois et « juste » parce que vous aviez le sentiment d’un manque. Ce que vous ne compreniez pas trop d’ailleurs et qui vous avait poussé à lire la bible. Suite à quoi vous aviez rejeté l’existence de Dieu. 

Pour y revenir à cause de cette histoire de manque…

Mais vous saviez qu’il n’existait pas. C’est juste que c’était bien agréable d’y croire. Voilà.

Bref, vous êtes en cinquième année et vous pensez évidemment à la suite. Vous pensez à intégrer une grande école. Vous vous inscrivez en prépa à distance, achetez des livres…

Vous étudiez sérieusement. Vous voulez y croire. 

Jusqu’au matin où vous vous réveillez délesté de toute motivation pour poursuivre vos études.

Tout juste aviez-vous remarqué que depuis quelques temps vous faites de drôles de rêves. Il y a cette petite fille coincée dans un labyrinthe qui pleure et qui a peur, ces chiens qui vous courent après en aboyant, l’air menaçant et qui vous réveillent au petit matin…

Mais tout ça ce n’est pas grave. Non, ce qui est grave c’est que vous arrivez à la fin de vos études, que vous êtes pressé par vos parents de faire au mieux pour intégrer la grande école ou passer les concours de la fonction publique, que tout le monde autour de vous est à fond dans ses projets et que vous n’êtes plus du tout en mesure de finir votre mémoire.

En fait vous êtes progressivement entré dans le désert à partir de la troisième année mais vous ne l’avez pas remarqué. Il faisait encore jour alors.

C’est quand la nuit est tombée sur votre vie que vous avez réalisé.

Vous ne pouvez plus étudier. Vous ne pouvez pas chercher un emploi. Pourquoi ? A cause du Je ne sais pas qui je suis et encore moins ce que je veux.

Par contre, vous faites des rêves prémonitoires. Un, puis deux, puis trois…

Ensuite vous faites des rêves chargés. De drôles de rêves qui restent clairement dans votre tête au réveil.

Vous finissez par vous lancer dans des recherches. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Qu’est-ce que le désert donc ? C’est le point 0. Une fois que vous réalisez que vous êtes dans le désert, vous perdez tout ce que vous avez.

Pas d’un coup, mais vous perdez tout. Et vous ne retrouvez ensuite que ce qui vous permettra de survivre.

A partir de là, vous devrez apprendre à vivre. Avec quoi ? Eh bien ce n’est pas avec, c’est sans.

Sans pendant longtemps. La particularité du désert c’est son étendue. Où que vos yeux portent, il n’y a RIEN à l’horizon, aucune perspective.

Concrètement ? Le décalage qui ne manque pas d’apparaitre rend les relations humaines compliquées, les autres ne comprenant pas votre situation ou vos choix. Restent auprès de vous ceux qui vous aiment et seulement ceux-là. 

Vous ne pouvez pas avoir une carrière satisfaisante, souvenez-vous du Je ne sais pas qui je suis et encore moins ce que je veux.

Non, la chance et le hasard ne vous amènent pas à trouver sur un plateau la vocation en 5 secondes. Non, cela n’arrive pas. Du moins, pas à vous.   

Vous ne vivez pas non plus une belle vie amoureuse. Car à côté de Je ne sais pas qui je suis et encore moins ce que je veux il y a Je ne sais pas ce que je vaux en tant que personne.

C’est rapidement que vous devez admettre que vous ne contournerez pas Je ne sais pas ce que je vaux en tant que personne.

Avec une telle réalité face à vous, vous ne trouverez personne. Car vous devez savoir qui vous êtes et ce que vous valez pour pouvoir aimer. 

Vous pensez sûrement, mais c’est grâce à l’amour que l’on peut se découvrir et voir ce que l’on vaut, dans le regard de l’autre.

Sauf que, c’est votre regard aimant sur vous-même que vous recherchez. Vous prenez le temps de le réaliser…

Vous pleurez également quand vous le comprenez. Car allez chercher ce regard au milieu de Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que je veux et je ne sais pas ce que je vaux en tant que personne.

Maintenant, vous saisissez ce qu’est le désert ? Du moins, vous saisissez de quoi est constituée la glace ou la sécheresse du désert ?    

Bon, revenons à la nuit. La nuit n’est pas d’encre.

Le but c’est la résurrection. Pas la dépression.

Apparaissent progressivement une étoile, une autre, la lune et une douce lumière que l’on sent apaisante par moments.

L’apparition de la foi. Je veux dire la vôtre, pas celle qui vous a été inculquée.

Concrètement, c’est plus difficile ici de prendre un exemple. En tant que médium, j’ai découvert et éprouvé ma foi sur un chemin assez différent de celui de beaucoup.

Je vais quand même étayer un peu, au travers mes rêves j’ai commencé mon initiation. C’est vraiment par ce biais que j’ai réalisé que la réalité telle que je la connaissais, en deux dimensions, était en fait bien plus vaste que ce que je pouvais même imaginer.

La difficulté était que je n’avais personne près de moi et que je n’entendais pas encore mes guides comme maintenant.

J’ai fait beaucoup de recherches pour comprendre ce qui m’arrivait, ce que je vivais et j’ai pris le temps d’accepter aussi.

C’était intense, surprenant et tant de choses se passaient au niveau spirituel alors que j’étais à l’arrêt sur le plan matériel, ce n’était pas simple à vivre.

Plus d’une fois j’ai demandé une pause. Je recevais en réponse des rêves me disant, tout est normal. Lol !

Mais normal de quelle façon ? 

Je savais juste, parce que je le sentais, que j’étais enfin sur la bonne voie.

Ce n’était pas une évidence pour mes proches, très loin de là. Mais moi je le sentais.

Et pendant très longtemps il y a eu des tas de choses que j’ai été seule à savoir.

Un jour j’ai créé ce blog, en partie pour moi et en partie pour rendre ce que j’avais reçu. 

Ce qui m’a permis d’être moins seule avec tout ce que je savais.

Le désert c’est deux choses, le néant et la grâce.  Car on marche quand même dans le désert. Et c’est la grâce qui nous le permet.

Autrement, sans cette foi qui nait et ensuite nous accompagne, on ne pourrait pas aller loin.

Imaginez, tout le monde autour de vous fait sa vie comme on est censé faire sa vie. Mais pas vous car vous ne pouvez pas. Pire, assez rapidement vous savez ce que votre cœur désire vraiment. Toutefois vous ne l’avez pas. Et il n’y a rien que vous puissiez faire pour que les choses aillent plus vite.

Sans la foi ?

Sans Il/Elle ? 

Non, vous n’iriez pas loin. Comment et pour quoi faire ?

Le néant et la grâce donc.

Bonne journée à tous ;)

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14 Commentaires

  1. crystallia

    17 septembre, 2018 à 2:25

    Coucou,

    La porte dans la face, c’est clair que ce n’est pas un grand moment de bonheur.

    Ceci dit je pense que ce qui compte surtout c’est la façon dont on apprend à vivre.

    Camille, moi aussi j’ai réalisé certaines choses grâce au recul.

    Anna, tous les jours ne sont pas les mêmes non. Même dans le désert et heureusement.

    Bise ;)

  2. Carène

    16 septembre, 2018 à 22:16

    Hello Anna,

    Moi dans le désert je vois avant tout des portes non identifiées qui se présentent et c’est seulement après les avoir poussées pour voir ce qu’il y a derrière que je peux conclure à la nature de cette porte : Oasis ? Mirage ? Sortie ?
    Mais la différenciation mirage/oasis s’avère plus ou moins aisée en fonction de notre propension à la projection, propension qui dépend elle-même des voiles de conscience déjà levés. Et là on en arrive à la notion de réalité que tu abordes.
    Pour ma part, c’est en vivant, donc en poussant des portes, que j’ai pu affiner cette différenciation. Mais dans les 2 cas, je considère que c’est tout bénef. Ca revient un peu au « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » de Nelson Mandela.
    Je pense en effet que même les leçons apprises face aux mirages nous rapprochent un peu plus de la porte de sortie.
    En somme, je préfère prendre des portes en pleine face en cherchant la porte de sortie plutôt que de rester à errer dans le désert. Mais, j’imagine aussi que cela est lié à mes enjeux d’incarnation et à ma reliance. La justesse des choix…
    S’il y a bien une chose que je retiens des dernières années, c’est que ce qui parait juste un instant peut ne plus l’être l’instant d’après. J’ai appris à l’accepter avec plus d’ouverture et de souplesse au fil du temps. Ca permet de mieux accueillir tout ce qui se présente pour choisir ensuite.
    Cela étant dit, la porte dans la face fait toujours aussi mal, même avec de l’entrainement. Parce que ca reste de la douleur qui vient révéler la souffrance de l’âme. Disons qu’avec le temps j’ai appris aussi à mieux accueillir et gérer l émotionnel qui va avec et du coup les ajustements se font plus vite.
    Bises

  3. Cel

    16 septembre, 2018 à 16:04

    Coucou,

    Merci du partage. Tu décris tellement bien le désert et ce gouffre de « je ne sais pas qui je suis et ce que je veux, ni ce que je vaux ».
    Ton article m’a aidé à comprendre qu’en fait je suis entrée dans le désert bien plus tôt que ce que je pensais…

    Bises

  4. Anna

    16 septembre, 2018 à 9:02

    @Alexandre

    J’ai passé une bonne soirée hier autour du film John Wick avec ma fille de 15 ans de moins en moins emballer pour passer un moment sympa avec moi. Keanu Reeves ça le fait comme Johnny Deep ou Clint Eastwood à mon époque loll. Merci du partage de joie dans les chaumières ! :)

    @Caréne

    C »est clair ! C’est comme ça que ça peut se passer et que ça se passe pour toi…tu dis.
    Pour moi, pour le dire aussi, c’est le temps du réajustement même si moins savoureux que le mirage lui-même que je préfère car le bénéfice du mirage se fait mieux ressentir et facilite le repérage du suivant et l’aborder comme tel ;)
    Chacun a son rythme pour le réajustement…et plus ou moins long a venir selon la qualité bluffane du mirage et la disposition au bluff.

    Toutefois, Il y a évanouissement du mirage et occultation du mirage….pas pareil. Cligner ou fermer les yeux peut aussi le faire disparaitre… C’est un réjustement comme un autre lolll je ne suis pas en train de mettre en doute le tien. Je sens que ça demande cette précison.

    Perso, je garde les yeux grands ouverts. D’ailleurs, je dirais que du coup c’est pas tant qu’il s’évanouit le mirage c’est qu’il reprend sa place de mirage. Je l’intègre au paysage et au jeu comme miragebet non plus comme realité. Aaah ! La realité autre sujet. On va rester simple. Ce qui s’évanouit c’est l’idée que c’était réel et là la partie de jeu peut vraiment continuer…dans le Désert ! Lol car c’est de ce temps-là qu’on parle :)

    @Sylvie

    Ben oui c’est que je les avais oublié à la liste des réjouissances lol aimer la vie c’est en accepter tout le jeu même les mirages et il parait que ca en vaut la chandelle :) Sincerement je n’ai pas à me plaindre. Vraiment pas. Elle n’est pas difficile a aimer ma vie. Le sujet du post par empathie me portait à la morosité. Je ne le suis pas.
    Je côtoie des personnes des fois des enfants leur famille qui sont en plein dans le Desert sans oasis ni mirages ou que des mirages. Je pense que j’étais dans cette energie. Avec eux. Je me disais qu’a nous lire ici il pourrait trouver leur vie encore plus difficile à aimer. Je t’avais demandé une fois de parler du choix d’incarnation dans un corps polyhandicapé ou handicap mental par exemple. C’est a eux que je pense. Mais, en fait, certains d’entre eux aiment plus la vie que je n’ai pu l’aimer moi-même je pense des fois et m’ont aidé a mieux l’apprécier. Alors….Sans doute la meilleure présence est d’aimer sa propre vie et la Vie, s’aimer soi-même. Je le sais mais il y a des jours on a la sensation qu’on laisse du monde derrière ou devant loll et ce n’est pas parce que je craindrais d’être seule que j’ai de la peine. Je pense là plutot a leur parent. C’est parce que…plus on est de fous plus on rit alors ca ralentie la sortie du Désert! :) Je plaisante. Un peu. Ce serait long a dire et je ne vais pas parler a leur place.

    Tous les jours ne sont pas les mêmes. Heureusement ! Bonne journée à vous 3. Toujours plus belle qu’hier et sans savoir ce que sera demain qu’on prépare au mieux.

    Bise !

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