
Bonjour à vous,
Comme vous je suppose, ces derniers temps je vois énormément de critiques acerbes et de leçons de morale à l’attention des personnes qui font le choix de consommer de l’ultra fast fashion.
Les arguments (majoritairement liés à l’argent) de ces adeptes irritent au plus haut point ceux qui ne jurent que par un mode de consommation déconnecté de la voie qui nous est habituellement indiquée en mettant en avant des intérêts sociaux nettement plus élevés (selon eux) que les envies et « supposés » besoins des acheteurs dits inconscients.
Deux mondes semblent s’opposer, pourtant, nous vivons tous sur une seule et même planète. Je pense que c’est la première chose qu’il est important de rappeler.
La deuxième selon moi est qu’il est dommage de faire le choix de condamner toute une masse de personnes d’un coup en prenant pour arguments des faits (je ne le nie pas, la fast fashion est bon marché pour des raisons très concrètes) qui ne peuvent pas entrer en résonance avec des intérêts personnels extrêmement variés.
J’aimerais aujourd’hui parler de la construction de l’image de soi.
On vit dans une société régie par certains codes. Des codes qui définissent des critères d’acceptation et de reconnaissance.
Le patron du BHV Marais a reconnu lui-même être intéressé par la clientèle de SHEIN car elle est très jeune et donc potentiellement porteuse.
Or, que veulent ces jeunes acheteuses ( beaucoup de jeunes femmes dans cette clientèle) ?
Ma belle-fille me disait hier qu’elle n’a aucune envie de porter et reporter les mêmes vêtements sur des années. Elle veut suivre les tendances, que l’on la remarque positivement. En d’autres termes, elle veut pouvoir répondre aux codes qui l’intéressent.
Elle veut faire en sorte d’être acceptée là où elle se voit à sa place.
Beaucoup de jeunes femmes pensent comme elles.
Elles aussi entendent parler de conditions de travail indignes et de non respect de l’environnement. Seulement de telles considérations n’atteignent pas les personnes encore en quête de l’amour qu’il convient d’avoir pour soi.
Cet amour qui permet de se voir « parfait », de se savoir toujours à sa place parce qu’il n’y a pas de hasard, n’apparait pas tout seul par magie.
Quand on en est encore à chercher à se construire une « belle » image de soi, on est plus tourné vers sa personne que vers le monde tout autour et cela n’est pas une étape anormale de la vie.
Ce n’est pas une étape anormale.
Suivre les tendances, disons le franchement, permet un temps de se donner l’illusion d’appartenir à un groupe et cela participe de la construction de l’image de soi. (Oui une image qu’il faudra déconstruire, mais chaque chose en son temps)
C’est important pour un jeune adulte. Or, pour pouvoir changer de garde-robe à chaque saison (surtout par chez vous, chez moi il fait toujours chaud), il faut investir son argent.
Si bien qu’on va là où il nous mène.
Alors oui, il existe des tas d’alternatives accessibles à l’ultra fast fashion, mais disons le franchement, aucune friperie ne suit aussi rapidement les tendances que ces mastodontes.
Ils peuvent tout copier en 3 secondes et demi et n’ont que faire de plagier des créateurs connus et moins connus.
Comme vous je suppose, j’ai moi aussi pu suivre quelques mésaventures de ces jeunes entrepreneurs ou artisans qui ont découvert avec dépit leur impuissance face à ces violations.
Mais les acheteurs se jettent sur ces reproductions « pas chères ».
Je ne défends pas l’ultra fast fashion. Pour être honnête, je n’achète pas non plus.
Par contre je refuse de fustiger ceux qui le font.
Je n’ai évoqué qu’un minuscule type d’acheteur, il y en a des tas d’autres. Avec des tas de raisons différentes. Et oui, des raisons de faire fi des conditions de fabrication.
Je pense que la conscience morale se développe et chacun doit trouver ses propres résonances en la matière.
Vous aurez beau essayer d’éduquer les gens, votre discours ne les touchera que quand ils seront prêts.
Alors ne soyons pas des dictateurs bornés et acceptons l’idée que chaque individu à le droit d’évoluer à sa façon et à son rythme.
Bonne journée à vous









Coriel
9 novembre, 2025 à 17:45
Exactement