
Bonjour à vous,
Alors pour répondre à Johan, explicitons le viol conjugal.
Le viol est un rapport sexuel réalisé sous la contrainte d’une, au moins, des parties. Il emporte donc l’absence de consentement.
Qu’est-ce que l’absence de consentement ? C’est une notion qui peut prendre de nombreuses formes. Partons de la plus évidente, l’agression pure et simple.
Personne ne conteste que la personne qui marchait tranquillement dans un parking désert et qui se retrouve brutalement jetée à terre n’était certainement pas consentante.
Mais il serait faux de réduire ou limiter le viol à l’agression évidente.
C’est ce qui rend difficile pour beaucoup de monde la reconnaissance du viol conjugal. Y compris pour certaines victimes.
En fait c’est simple, chaque fois que la personne qui partage votre vie refuse de tenir compte du fait que vous n’avez pas envie de faire l’amour, que cette personne insiste jusqu’à ce que vous cédiez, vous êtes en train de subir une violence.
Rappelez-vous de la définition initiale, un rapport sexuel réalisé sous contrainte. Peu importe que cette contrainte s’exerce avec des coups, des mots, des attitudes blessantes, du chantage également.
Si la personne qui partage votre vie vous a amené à changer d’avis d’une manière qui vous a plu, la situation est intrinsèquement différente. Elle vous a séduit.
Trop souvent, la pression, le chantage sous toutes ses formes ou parfois même une certaine violence (comme empêcher l’autre de s’échapper sans le ou la frapper) sont considérés comme faisant parti « du jeu ».
Non. Non. Non.
Non.
Faire l’amour ce n’est pas céder parce qu’on est fatigué, parce qu’on a peur de déplaire, parce qu’on craint la colère, de manquer, parce que l’autre veut que ce soit tous les soirs, parce que l’autre dit avoir des besoins, parce que l’autre veut un enfant…
Le viol conjugal est une violence ou une série de violences qui ne s’exprime pas toujours sous la forme d’un ou plusieurs actes de violence évidents.
Les désirs masculin et féminin ne se ressemblent pas. Et surtout ils ne fonctionnent pas toujours en osmose.
Il n’est pas anormal que le désir ne soit pas toujours simultané.
Et surtout, votre partenaire, pas plus que vous-même, n’est pas un distributeur de sexe gratuit. Encore moins sur commande.
Voilà ce qu’il faut intégrer si ce n’est pas déjà fait.
Faire la tête chaque fois qu’on vous dit non n’est pas le bon comportement. Conditionner l’octroi de présents à des faveurs sexuelles n’est pas un bon comportement. Menacer n’est pas un bon comportement. Soumettre par la force n’est pas un bon comportement. Ce-dernier cas de figure continue de vous sembler plus évident que les autres ?
Alors vous cultivez le déni.
Oui, est un mot clair, que tout le monde comprend. Quand vous cédez parce que vous savez que votre partenaire va encore se montrer désagréable pendant trois jours, vous avez vraiment le sentiment d’avoir dit oui ?
Céder, ce n’est pas dire oui, c’est abdiquer, renoncer à sa propre opinion.
Vous êtes capable de saisir la nuance ? Si ce n’est pas le cas, je vous le dis sans méchanceté ni ironie, vous avez besoin d’aide.
Reprenons donc, le viol est un rapport sexuel réalisé sans le consentement de l’une des parties.
Le viol conjugal consiste à exercer une contrainte de quelque nature que ce soit afin d’amener l’autre à se laisser faire. Car oui, entre deux partenaires, c’est souvent cette forme là qu’il prend, l’un des deux, souvent la femme, se laisse faire pour l’une ou plusieurs des raisons évoquées.
J’espère qu’à présent tout est clair pour vous à ce niveau.
Et pour les imbéciles qui n’auraient pas encore saisi, oui, obliger l’autre à se réveiller pour faire l’amour est aussi une contrainte. Non, le ou la partenaire qui dort en petite tenue ne vous lance pas d’invitation implicite.
Non.
Pour rappel, il n’y a pas d’amour sans respect réciproque.
Et j’ai envie de croire, que vous saviez déjà au moins l’essentiel de tout ce que nous avons évoqué ici.
Une magnifique journée à vous











Amandine
11 mars, 2026 à 6:18
Et je voulais te dire merci. Car encore aujourd’hui, parfois quand je me pose des questions que j’estime profondes je suis toujours éclairée par un article que j’ouvre au hasard dans l’historique. Enfin au hasard..
bonne journée Sylvie.
crystallia
11 mars, 2026 à 20:47
Merci à toi pour ce retour.
Bonne journée
Amandine
11 mars, 2026 à 5:58
Bonjour Sylvie,
J’imagine que qui comprend cela (profondément) sait faire des choix juste pour soi même. Par extension,
aussi on devient davantage capable de se protéger des personnes qui essayent d’avoir du pouvoir sur les autres (plus généralement).
Si on conscientise notre propre rapport à la sexualité on peut avoir un aperçu de comment on vit et les énergies aux quotidiens dans tous les domaines. De l’amour que l’on s’accorde ou pas. Des intentions que l’on pose .
C’est vrai que les femmes ont peut-être tendance à penser que les hommes ont moins besoin de protéger leurs limites à ce niveau là.
Par-contre je ne comprends pas la violence autour des femmes dans certains milieu. La femme n’a pas besoin d’être asservie mais aimé. C’est quand même pas compliqué à comprendre.
La violence existera toujours tant qu’on aura pas tous saisi les nuances que tu décrits.
Le sujet de la féminité sacrée me parle beaucoup. On dit que Marie Madeleine était une initiée. Je la site car j’aime bien ce que l’ai lu la concernant. Ça m’interroge en tous les cas.
crystallia
11 mars, 2026 à 20:47
Bonjour Amandine,
La violence dans certains milieux est liée au fait que l’amour n’est ni le but ni la raison justifiant la relation.
Pour rappel, dans certains milieux le mariage est une étape de la vie sociale, pas l’union de deux personnes qui s’aiment.
Dans ce contexte, le rapport dominant-dominé s’exerce souvent de manière évidente.
Bise
Amandine
11 mars, 2026 à 22:36
Bonjour,
Merci et je comprends ta réponse.