
Bonjour à vous,
Absolument aucune petite fille n’a jamais rêvé de rencontrer la personne qui saurait la dominer durement, brutalement aussi bien dans le salon devant les invités qu’au lit dans l’intimité.
Aucun petit garçon ne songe à épouser une femme qui le méprisera et cherchera à le diminuer pour le garder sous sa coupe.
Je suis certaine que je ne vous heurte pas avec de telles évidences.
De la même manière, je pense que vous serez tout à fait d’accord avec moi si je vous dis des choses telles que :
- On ne devrait pas rester avec une personne qui nous bat
- On ne devrait pas rester avec une personne qui nous impose des rapports sexuels
- On ne devrait pas rester avec une personne qui maltraite nos enfants – parfois sous nos yeux baissés ou qui regardent ailleurs, oui cela existe
- On ne devrait pas rester avec une personne qui nous parle mal, nous méprise, critique notre physique, dénigre notre intelligence, nous impose unilatéralement ses valeurs
Je suis certaine que je ne m’avance pas trop en affirmant que vous êtes d’accord avec moi sur ces divers points.
Nous allons à présent les reprendre un à un
- Donc X, la personne qui partage votre vie, vous bat. Nous allons partir du postulat que vous n’appréciez pas de prendre des coups. Pourtant, X et vous, c’est une histoire de plusieurs mois voire plusieurs années.
X est violent, vous le savez et avec le temps avez développé diverses stratégies pour gérer cette situation. Non pas pour éviter les coups, non pas pour parer, pour survivre dans votre foyer comme en-dehors.
Vous aimeriez que la situation évolue, change, qu’X soit plus souvent comme quand il veut ou voulait vous séduire. Vous savez que c’est un voeu pieux. Vous savez dans quel trou profond vous vous trouvez. Mais la vérité est que personne ne peut partir dans le mode survie.
Oui votre situation est dramatique mais vous le savez. Et vous savez que vos principaux freins ne sont pas des circonstances externes.
Y avait-il eu des panneaux d’avertissement au début de cette histoire ? Oui. Les avez-vous vus ? A ce stade vous savez que oui. Pourquoi ne pas être parti en courant ?
Parce que quand vous avez cru à l’amour avec X, vous étiez déjà en mode survie. Une autre survie. Celle liée à la question, serai-je un jour aimé ?
Ce mode survie a la particularité de pouvoir faire disparaître n’inporte quel drapeau rouge de tous les paysages. Le besoin de combler le coeur vide et affamé va l’emporter sur tout le reste.
- Y, la personne qui partage votre vie, est dans l’exigence sur le plan sexuel. Peu importe votre actualité, Y vous fait comprendre que ses besoins doivent être honorés et le temps passant, vous réalisez que votre désir, le plaisir que vous preniez, se sont largement émoussés. Vous avez tenté de parler à Y, vous vous êtes heurté à un mur d’autorité. Pire, Y vous rappelle que vous devez tout faire pour continuer de lui plaire. Et vous vous pliez à ses injonctions. Par ailleurs toutefois, vous trouvez Y parfait. Surtout devant vos proches.
Pourquoi tolérez-vous ce double comportement ? Parce que vous êtes persuadés qu’aimer c’est se sacrifier. Vous donnez, vous donnez…
Vous ne vous souciez pas de ce que vous recevez vraiment en retour. Vous vous accrochez au fait que vous avez quelqu’un qui vous aime. Vous souffrez de cette vie intime qui ne vous convient pas mais vous fermez les yeux sur les « désagréments ».
Les panneaux d’avertissement ? Vous êtes passés devant tranquillement, persuadés que vous sauriez gérer. Au final, vous vous dégoûtez chaque jour davantage car vous êtes persuadés être responsable de cette situation. Ce n’est pas si simple. Et sortir de cette relation va nécessiter de la force et du courage. Vous devrez affronter X.
- Z, la personne qui partage votre vie, dit vous aimer, vous. Il ou elle toutefois aurait préféré qu’il n’y ait que vous. Que les enfants soient ou non les siens, ne changent rien. Ce ne sont pas les enfants qui l’intéressent. Ce qui intéresse Z c’est une personne totalement dévouée à sa personne, qui s’occupe surtout de lui ou d’elle et vous êtes justement persuadés que pour garder l’amour, il faut se plier aux volontés de l’autre.
C’est aussi un mode survie. En l’occurrence vous ne savez plus être seul, vous ne supportez absolument pas le vide dans votre coeur alors vous avez rempli votre lit avec la personne qui a su trouver votre mode d’emploi. Z ne vous aime pas. Ne vous aimera jamais. Mais vous n’êtes pas prêt à l’admettre.
Des panneaux d’avertissement ? Où ça ? Et à quoi ça ressemble ? De toutes façons, c’est bien la dernière chose que vous avez envie de voir, la dernière.
Non, vous vous n’avez pas de chance, voilà ce que vous vous dites. Continuez de dormir. De toutes façons, tant que vous n’accepterez pas d’être seul un temps, il y aura toujours un Z dans votre vie. A moins que votre amour pour vos enfants ne soit réel et profond. Vous aurez l’opportunité alors de quitter ce mode survie.
- Alpha, la personne qui partage votre vie, vous fait comprendre chaque jour que sans lui ou elle, vous seriez bien misérable. D’ailleurs, c’est Alpha qui prend les décisions. Quand vous hésitez sur un point, Alpha a le dernier mot. Tout ce que vous réussissez, c’est grâce à son soutien. Quand vous échouez, c’est parce que vous ne l’avez pas écouté. Alpha est le dieu ou la déesse de votre foyer. Et bien entendu vous ne pouvez que suivre et vous soumettre. Si vous le ne faites pas, l’enfer des mots, des regards, des gestes recouvre soudain votre vie toute entière tellement Alpha a d’influence sur vous.
Les panneaux d’avertissement, ils étaient là, plantés en évidence sur votre route. Mais ébloui par la lumière d’Alpha, c’est sincèrement que vous pouvez dire ne pas les avoir repérés.
Ici le problème est un ego trop faible. Le chemin sera long, mais vous pouvez sortir seul de cette situation, avec foi, courage et volonté.
Ce que je veux dire d’une manière plus générale est qu’en matière de relations humaines, il ne peut pas y avoir de vérité universelle. On sait tous, dans l’absolu, ce qu’il conviendrait d’éviter.
Mais dans les faits, on y va quand même. Tous les cas problématiques ne sont pas aussi extrêmes que ceux que j’ai cité. Toutefois il en existe une infinité.
C’est facile de dire en l’air, « si A ou B se comporte de telle façon, fuis » !
Comment vous êtes-vous retrouvé avec A ou B ? C’est cela la bonne question. Parce que c’est la réponse à cette question qui va vous permettre de comprendre pourquoi vous restez. Pourquoi vous tolérez ceci ou cela.
A quel moment A ou B est arrivé dans votre vie ? Dans quel état émotionnel étiez-vous ?
Ce n’est pas une question de listes de critères ou de drapeaux. Vous êtes des adultes, vous savez qu’on est intéressé par « quelqu’un » mais qu’on fait ensuite le choix de faire du chemin avec.
Loin de moi l’idée de minorer le fait que certains partenaires sont toxiques, méchants, etc…
Mais quand arrive le moment où vous voulez vous détacher de la relation d’abord intérieurement, ne regardez pas l’autre et son comportement.
Regardez-vous, cherchez-vous, demandez-vous pourquoi vous en êtes là où vous êtes. Et demandez-vous surtout ce que vous voulez. Osez regarder ce que vous voulez.
Pour quitter une situation qui n’est plus tenable, il faut être capable de se tenir sur ses deux pieds. Restez focalisé sur ce que vous voulez.
Un belle journée à vous









